Présidence française du G20 : «on attendait des réponses»

Publié le 25 janvier 2011 par Letombe
Martine Aubry, première secrétaire du parti socialiste, était l'invité ce mardi matin de LCI notamment pour commenter la présidence française du G20. Elle a dit avoir été déçue de trouver un président de la république «y allant un peu à reculons, nous disant tout ce qui fait que ça pouvait ne pas marcher», «alors que c’est formidable que la France préside le G20». «On aurait voulu plus de volontarisme, plus d’enthousiasme pour effectivement traiter ce qui a été mis sur la table et qui sont les vrais sujets» a-t-elle estimé.

Présidence du G20

Martine Aubry a rappelé que «ça fait trois ans qu’on est en crise, trois ans que la finance gouverne le monde, trois ans qu’aucune réforme n’a été prise sur les paradis fiscaux, sur la taxation des transactions financières – dans notre pays – la taxation des bonus et des stock options». Et ce alors «qu’on aurait d’ailleurs dû déjà en Europe avancer sur les transactions financières». « Le Parti socialiste européen le demande déjà depuis trois ans», « avec ces 0,05 % sur les transactions des banques, pas des Français, des Européens, on aurait eu 200 milliards d’euros» a-t-elle ajouté.    La première secrétaire a par ailleurs indiqué que si la transparence du marché des matières premières notamment agricoles était une bonne idée «il faut aller plus loin». «Il faut aussi aider ces pays à passer à l’auto-subsistance agricole, alors que depuis des dizaines d’années les pays développés mais aussi l’OMC, mais aussi le FMI à l’époque, les ont poussé à avoir une mono-production du cacao, du café, pour qu’ensuite ils nous achètent nos produits» a-t-elle développé.  

Position de la France sur la Tunisie

Martine Aubry s'est dite «choquée» par les propos du président de la république justifiant «le silence de la France pour soutenir ce courage exceptionnel du peuple qui, avec dignité, s’est battu pour la liberté et la démocratie» par le fait «qu’on a voulu rester en arrière». «La France doit toujours être du côté de ceux qui se battent pour la liberté et la démocratie, et quand on a 600.000 Tunisiens dans notre pays qui nous parlent de la situation dans leur pays – c’est la plus grande communauté en dehors de la Tunisie – on ne peut pas dire qu’on ne sait pas» a-t-elle estimé.  

Sahel

«Nous avons dit que nous étions unis et que la France devait être unie, gauche et droite confondues, contre le terrorisme» mais aujourd'hui «les familles et la France ont besoin de savoir ce qui s’est réellement passé par rapport à Antoine et à Vincent» a réaffirmé la première secrétaire.   

Proposition de loi sur l’euthanasie active

Martine Aubry a indiqué qu'elle aurait voté cette proposition de loi « d’autant plus que les socialistes ont déposé une proposition de loi qui, avec une proposition de loi du centre et de l’UMP fait aujourd'hui cette proposition de loi soutenue par beaucoup d’hommes et de femmes au Sénat». Elle a constaté que «malgré les traitements anti-douleurs, malgré les soins palliatifs, il y a des situations qui ne portent pas sur des milliers de personnes», «des situations insoutenables par la douleur physique et psychique de maladies incurables sur lesquelles les médecins peuvent s’exprimer». Avant de réaffirmer les précautions nécessaires en détails : « il faut que le malade ait réitéré à plusieurs reprises – lui ou sa famille s’il n’en est pas apte – sa volonté de mettre fin à sa vie dans la dignité», «et il faut qu’un collège de médecins donne son avis».   

Jurés populaires 

Sur d'éventuels jurés populaires pour déterminer l’application des peines, Martine Aubry a appelé à arrêter de vouloir prendre des décisions «dans l'émotion» et de «donner l’impression – comme le fait le président de la République, comme le fait le gouvernement – que les magistrats sont laxistes». «Il faut arrêter de critiquer la justice» et «lui donner plutôt les moyens d’agir» a-t-elle ajoutée. «La France a besoin d’une justice sereine, indépendante du côté du parquet, et faisant confiance à ses magistrats» a-t-elle conclu.