Lors, que ne ferait l’étreinte de mes bras ? (Michel-Ange)

Par Arbrealettres


Comme s’éjouit, en liesse, bien tressée
de fleurs, sur le crin d’or d’une, la guirlande,
l’une à l’envi en avant pressant l’autre
pour être la première à baiser son front !

Bien heureuse est tout le jour cette robe
qui étreint son sein, puis semble s’épandre,
et cet or, que l’on appelle or filé,
ses joues et son col se plait à effleurer.

Plus joyeux encor ce ruban qui semble
jouir de sa pointe d’or, de manière
à presser et toucher le sein qu’il enlace.

Et la simple ceinture qui l’entoure
semble se dire : ici je veux serrer toujours.
Lors, que ne ferait l’étreinte de mes bras ?

***

Quanto si gode, lieta e ben contesta
di fior sopr’ a’ crin d’or d’una, grillanda,
che l’altro inanzi l’uno all’altro manda,
come ch’il primo sia a baciar la testa !

Contenta è tutto i1 giorno quella vesta
che serra ’1 petto e poi par che si spanda,
e quel c’oro filato si domanda
le guanci’e ’1 collo di toccar non resta.

Ma più lieto quel nastro par che goda,
dorato in punta, con si fatte tempre
the preme e tocca i1 petto ch’egli allaccia.

E la schietta cintura che s’annoda
Ti par dir seco : qui vo’ stringer sempre.
Or che farebbon dunche le mie braccia ?

(Michel-Ange)

Illustration: Guillaume Seignac