Je trouve que j'écris mal

Publié le 07 février 2011 par La Bienveillante @Ema_Dellorto

Ne me dîtes pas non.

Parce que vous seriez des nuls de consciemment perdre votre temps avec moi.

Il faut bien qu'on croit collectivement que ça a quelque qualité sinon je m'en tiendrais là et l'on se perdrait.

Ce qui serait le plus triste de l'affaire.

(mode plaintif)

Ou plutôt, ça serait complaisant de faire un billet pour s'entendre dire qu'on est top.

Surtout, on m'a déjà fait des compliments sur mon "écriture" alors je ne suis pas malheureuse.

J'ai une façon d'écrire. Ce serait un style si je l'avais choisi et pouvais en adopter un autre.

Quand j'écris une phrase pour décrire quelque chose, souvent, je n'ai vraiment pas eu le choix, des mots et de leur agencement. C'est la seule façon que j'ai trouvée pour que ça soit grammaticalement juste et ait un certain rapport avec ce que je voulais exprimer.

Je mets un certain temps à écrire. Ca ne coule pas. C'est sobre pourtant. Une telle lenteur se justifierait si j'étais flamboyante.

Même pas.

J'écris sec.

Je peux m'en vanter pour mépriser les logorrhées : des autres.

Mais ça me chagrine aussi.

tatatatatatatatatatatatatatatatata

Hop, 10 lignes de faites.

Pas moi.

Je ne m'inflige aucune souffrance, rassurons les sado-masochistes qui (voilà, une expression me manque, qui quoi ? l'idée c'est qu'ils seraient tapis dans le coin - dans l'ombre est  plus exact, oui, non ? - et profiteraient de la moindre de mes incartades pour prendre le pouvoir sur moi (prendre le pouvoir n'est pas bien non plus)). Encore raté.

Je peux bloquer à cet endroit

"Les sado-masochistes qui" et je ne trouve pas la suite. Alors, parfois j'invente quelque chose pour que ça tienne la route, ce qui fait un peu original, mais dans le fond, je n'ai juste pas trouvé le bon terme, qui aurait dû COULER. Eventuellement j'aurais pu l'écarter pour trouver mieux, en le déformant. Mais la base, je ne l'ai même pas. Je ne peux pas jouer avec.

Autre chose, il me manque de ces trucs, des: enfin, puis, de toute façon, alors, surtout, d'ailleurs, ainsi.

J'en utilise plein et souvent je dois me creuser la tête parce que j'ai mis deux "ainsi" dans un billet et à moins que ce soit voulu-voulu, c'est le RSA de l'écriture de pas faire de répétitions.

Et ça suffit ce tique (tic) qui consiste à évincer les négations : "de pas faire".

DE NE PAS FAIRE

DE NE PAS FAIRE

DE NE PAS FAIRE

DE NE PAS FAIRE

DE NE PAS FAIRE

DE NE PAS FAIRE

DE NE PAS FAIRE

DE NE PAS FAIRE

Pas le courage de faire plus de lignes.

C'est une incapacité. En mode art brut.

Je me débrouille en poésie. J'en ai fait des biens, mais je ne lis pas de poésie par plaisir.

Ce serait bête de fabriquer un truc qu'on n'aime pas utiliser.

[autre exemple : beaucoup trop de je. je fais ceci, je fais cela, je pense ça, je crois que, je veux dire, j'imagine, je dois dire. J'arrive pas à faire autrement. Ca n'est pas seulement narcissique, on le savait déjà, mais traduit une nouvelle limite]

/ j'ai commencé deux phrases par "autre". "autre chose" & "autre exemple". C'est forcément trop /

Si je disais qu'en plus je me compare. Pas à des écrivains. A d'autres gens qu'écrivent. Bien sûr tout le monde écrit. Tout le monde écrit. Tout le monde écrit des mails, m'ont dit deux écrivains.

Je lis et me demande pourquoi j'arrive si peu à faire pareil ?

Quand j'avais ce temps infini pour faire des recherches, envoyer le lecteur se promener ailleurs, vers des écrits, des explications du monde, que j'avais distingués (volontairement à mauvais escient quelquefois) : JE  me posais moins de questions.