Au-delà (Clint Eastwood)

Par Interstella_fr


En séjour en Thaïlande, Marie, journaliste française, est emportée par un tsunami et, quasiment morte cliniquement pendant quelques instants, elle vit une expérience qui va la hanter et transformer son existence. George, aux États-Unis, vit avec le don singulier de pouvoir communiquer avec les morts, par simple contact avec l’un de leurs proches ; après en avoir fait son métier, il essaie désormais de ne plus se livrer à cette activité qui le fait côtoyer la mort en permanence et l’empêche de vivre une vie normale. A Londres, le jeune Marcus perd son frère jumeau lors d’un accident. Il n’a de cesse de comprendre et de communiquer avec celui qui était sa moitié.

Je vois un peu la filmographie de Clint Eastwood en pointillés, c’est comme ça. J’avais raté le dernier, Invictus, vu celui d’avant, Gran Torino, mais raté aussi Mémoires de nos pères et Lettres d’Iwo Jima… Je n’ai pas vu certains de ses films considérés comme ses meilleurs (Impitoyable entre autres) et j’ai même quitté la salle au milieu de Jugé coupable, tellement je m’ennuyais (et ça, ça ne m’était jamais arrivé avant, et ne m’est jamais arrivé depuis).
Longue introduction pour dire, donc, que je ne suis pas du tout une inconditionnelle de Clint Eastwood. Le film de lui que je préfère est, de très loin, Minuit dans le jardin du bien et du mal, mais malgré tout je n’y trouve pas une patte personnelle que j’aurais retrouvée ailleurs dans sa filmographie et qui me ferait m’attacher à ce réalisateur.

Alors, bon, quand j’ai lu ici et là que son dernier opus était complètement raté, ça ne m’a fait ni chaud ni froid, et à vrai dire, quand l’occasion s’est présentée d’aller le voir, je n’en suis pas ressortie emballée, mais pas non plus en colère, ce qui est déjà bien.

C’est un film vraiment basique, dont les meilleurs moments sont le début, avec le tsunami (eh oui, j’ai toujours un faible pour les films avec catastrophes naturelles et/ou fin du monde), et certaines scènes avec les jeunes garçons.
Cécile de France, qui a fini par agacer tout le monde j’ai l’impression, me fait personnellement toujours bonne impression ; c’est vrai que son jeu est très direct, très « nature » et manque parfois d’élégance, mais elle a, je trouve, une simplicité agréable. C’est un peu dommage que son personnage soit une sorte d’iceberg et que Eastwood ne s’intéresse apparemment qu’à la partie émergée.  
Matt Damon est utilisé comme il l’était il y a dix ans, après tout pourquoi pas, mais c’est surprenant. Il n’a pas grand-chose à exprimer non plus, et la plupart de ses scènes sont filmées dans une obscurité probablement voulue, mais ça donne surtout l’impression d’une photographie mal équilibrée. Bryce Dallas Howard hérite du rôle le plus ridicule et inutile, je crois que j’aurais pu l’égorger pendant la scène de « dégustation », étrange moment où on sent qu’Eastwood veut jouer la carte de la sensualité, mais pourquoi, on ne le saura jamais. L’histoire finit en queue de poisson (après une scène tout de même touchante où Bryce Dallas Howard a finalement quelque chose d’intéressant à jouer… mais un peu tard.)
Le plus émouvant dans tout ça est probablement l’histoire du petit garçon (je passe sur le début de l’intrigue et le tableau assez maladroit qui est fait de cette pauvre mère – sa première entrée dans l’appartement est à la limite de la caricature). Le/s jeune/s acteur/s sont assez émouvant/s ; le fait qu’ils soient de véritables jumeaux joue aussi et ajoute de la profondeur à leurs émotions. (Je mets le pluriel car, détail intéressant, tous deux sont crédités pour les deux rôles à la fois !)
Thierry Neuvic, qui joue l’amant de Cécile de France, qu’on avait vu dans Ne te retourne pas, retrouve ici tous ses tics de téléfilm ; les péripéties autour du livre et des émissions de Cécile de France sont inutiles et bizarrement embrouillées ; on a l’impression que le film dure 3 heures et la fin frise le honteux.
Big up à Mylène Jampanoï (Martyrs) qui hérite du rôle de Jasmine Chang (sic), pauvre présentatrice qu’on voit 30 secondes à travers une télé.
A part ça, il y a un côté sympathique à tout ça, le mélange des langues et des accents est plaisant et on voit bien la volonté de réunir ces trois destins. Je l’aurai probablement oublié dans 1 mois, en revanche.