Les 3 albums à écouter les yeux fermés

Publié le 14 février 2011 par Bleatmagazine

Easy listening, sunshine jazz & pop gems

Aussi appelée musique d’ascenseur ou d’aéroport, l’Easy listenning n’est en réalité que le doux nom de la musique lounge. Ce style a des vertus que trop peu ignorent ou rejettent. En dehors du Pub Saint Germain, du Buddah Bar ou des salons chic et cosy, il existe des sadomasos qui écoutent aussi ce genre musical à la maison ou en début de soirée. Les fous. Pourtant rien de tel que de tendre l’oreille pour entendre Henry Mancini, Les Baxter ou encore Burt Bacharach en bossant, mangeant, rêvant. Ces noms ne vous disent peut-être rien (nous non plus d’ailleurs), mais c’est l’occasion d’apprendre à faire connaissance. Une compilation pertinente, envoutante et pleine de finesse.

Star of love de Crystal Frighters

Place à la frénésie et à la joie d’écouter Crystal Fighters. Quintette originaire du pays basque espagnol, le groupe mélange de l’électro à des instruments traditionnels basques dont la Txalaparta (des planches frappées avec des pilons de bois). On s’amuse d’ailleurs à l’écoute de certains sons qui semblent joués par une tribu locale. Ajoutez à cela un côté déjanté, épileptique et ce premier album, très attendu, conforte ceux qui pousse depuis un an ce groupe au devant de la scène. Star of love casse les frontières musicales en mélangeant les styles garage (Solar System), folk (Follow et At Home) et rock électrique (Xtatic Truth). Après plusieurs écoutes, les paroles avec l’accent espagnol désoriente toujours autant mais respire la belle folie.

Innerspeaker de Tame Impala

Trois garçons d’une vingtaine d’année, pas plus, les cheveux longs et le regard un peu vague. Avec leur côté très seventies, ces australiens jouent sur la corde néohippie, comme beaucoup, mais assurent totalement par la suite. L’ambiance générale provient du rock psychédélique  et de la pop à l’image du formidable titre Desire Be, Desire Go. Sur certaines musiques, on reconnait des empreintes mélodiques des Beatles, avec une similitude saisissante entre la voix de Paul McCartney et Kevin Parker (de Tame Impala). Sur d’autres, c’est la fougue des Stones qui ressort, toujours avec un côté psyché des guitares vrombissantes. Jimi Hendrix serait-il aussi passé par là ?

Un premier album effrayant de maturité et de qualité pour ce groupe qui connait le succès depuis cet été déjà. Ils ont assuré les premières parties de The Black Keys, Yeasayer et MGMT. Preuve que c’est un coup de coeur sur tout point de vue : même la pochette est réussie. Dessinée par l’artiste Leif Podhajsky, ses couleurs ultrarétros rappellent les autostéréogrammes, ces images qui, regardées longtemps de près, prennent de la dimension lorsque l’on s’éloigne. Faites le test sur la page d’accueil de leur site. La pochette colle d’ailleurs parfaitement avec l’univers psychédélique du groupe. Tama Impala est loin d’être une énième formation dit psyché. Ces trois garçons possèdent un grand talent.

Axel Tardieu

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