Accident domestique : les gestes qui sauvent, les mots qui rassurent

Publié le 18 février 2011 par Petoulette @petoulette

Après l’épisode de dimanche, je pensais que j’avais eu ma dose d’adrénaline pour la semaine… Quand le Padré s’y met, on ne joue plus dans la même cour! Heureusement mon coeur est bien accroché!

Mercredi matin 7h

Le Padré sous la douche, la Pétoulette sur le pot. Tout va bien…

Jusqu’au badaslipchouingpongpingboum venant de la salle de bain.

« ça va? » – Pas de réponse!

Chériiiii ÇA VAAAA? – toujours rien

Je laisse Pétoulette sur le pot et me précipite dans la salle de bain. En tirant le rideau, je retrouve mon homme allongé dans la baignoire, inanimé, les yeux fixes.

Dans ma tête « arrête tes conneries, tu sais que ça me fout la trouille quand tu fais ces yeux là, c’est vraiment pas drôle. »

Je lui mets des baffes (j’aurai du en profiter ça n’arrive jamais), je le secoue et là je me rends compte que ses bras sont raides, que sa tête est encastrée dans le robinet de la baignoire.

Premier reflex : dans l’ordre vérifier qu’il respire et qu’il ne saigne pas.

Merde, il respire plus… panique à bord. L’adrénaline s’emballe, je vois ma vie défiler sans lui, une petite de 2 ans, un crédit sur 25ans, et la famille à 800km… tout va très vite!

Et je me dit non c’est pas possible. Je continue de lui hurler dessus, je l’engueule « putain, tu fais chier, tu peux pas me faire ça, vas y respire, je te lacherai pas! t’as compris! – Toujours rien.

J’ai l’impression qu’il a quelque chose qu’il l’empêche de respirer, sa langue peut être!

J’essaye de le relever, 90kg, impossible, sa tête bascule! Merde, j’ai fait une connerie et si je lui avait déplacé un truc, et s’il était tétraplégique à vie. Peut être qu’ il m’entend mais qu’ il peut pas réagir! Je le remets dans sa position. J’essaye de lui ouvrir la mâchoire pour voir ce qui coince. Impossible la mâchoire est coincée. Je ne sais plus quoi faire, pour le stimuler. Déclic, je ne sais pas pourquoi, je lui enfonce les doigts dans les yeux. Il réagit, il cligne des yeux. Ouf, il n’est pas mort! Je continue de lui parler. Réveille toi! Réveille toi!

Et soudain, il reprend son souffle. Il cligne les yeux. Il se redresse.

Ça va? ça va? t’es sûr? t’as mal où? mais c’est pas possible, t’as pas mal derrière la tête? tu peux te lever? Parce que moi, je peux pas. Je m’effondre, mes jambes ne me portent plus, je craque. Et là une petite main sur mon épaule « Mômon? ». Je ne sais pas depuis combien de temps elle est derrière moi.

Un seul mot d’ordre tout lui expliquer pour la rassurer.

Ça va mon coeur, ne t’inquiète pas, Maman a eu très peur, mais maintenant ça va mieux. Papa est tombé, c’est pas grave, il ne s’est pas fait mal, il va se reposer un peu.

C’est ma petite pétoulette de 2ans, qui essuye mes larmes en me disant, « Oh non, mômon pleure ». C’est la première fois, qu’elle me voyait pleurer. Comment préserver nos petits de ces moments si durs? Faut-il tout leur dire, tout leur expliquer? Faut-il provoquer le dialogue? Je vous le demande car j’ai réagit instinctivement et ne me suis jamais vraiment posée la question.

Tellement soulagée de savoir qu’il était là, avec nous, je l’ai laissé dormir un peu le temps de préparer la petite. GROSSE ERREUR!

8h45 : J’appelle le docteur pour prendre RDV dans la journée. – Direct les urgences, en appelant le samu ou les pompiers pour le transport.

9h : je le réveille, j’amène Pétoulette chez la nounou, j’appelle les pompiers, qui me transfère vers le samu, qui me transfère vers l’ambulance. Moralité : passer directement par le samu c’est toujours 5mn de gagner!

Au passage, je me fais engueuler par le samu car j’appelle 2h après. Et s’il avait rechuté? Et s’il avait vomi?… Pardon! Je n’ai pas eu cours de secourisme au collège (ça devrait être obligatoire d’ailleurs!). Ni même pendant les cours de préparation à l’accouchement (ça devrait être obligatoire aussi).

Ce que j’aurai dû faire : ne pas paniquer, appeler de suite les secours et suivre leurs indications. Facile à dire quand on n’a pas été formé!

9h20 : l’ambulance est là. Je raconte pour la 4ème fois de la matinée, ce qu’il s’est passé. Mieux vaut avoir repris ses esprits pour ne pas pleurer à chaque mot!

9h30 départ pour les urgences.

Il n’en sortira que 7h plus tard après bilan sanguin, ponction lombaire (x3), scanner et 2 pertes de connaissance.

En salle d’attente avec 4 pauvres magazines de Closer et Public (c’est bon, je suis à jour pour 6 mois). Le temps est long, je n’ai plus de batterie, le ventre vide.

Ouf les pires scénario ont été écartés : méningite, tumeur, caillau sanguin, problème neurologique, tachycardie…

17h : Transfert au CHU le plus proche au service des maladies infectieuses. Sous quarantaine pour toute la nuit en attendant les résultats des prises de sang pour tous les virus et autres maladies contagieuses.

Le stress retombe, je rentre chercher la pétoulette et briefe ma copine (encore merci) pour le coucher et je repart le voir.

Il a mangé, il a repris des couleurs, je n’ai jamais été aussi heureuse de le retrouver.

J’ai insulté St Valentin la semaine dernière en lui disant ses 4 vérités, serait-ce une vengeance de sa part?

Aujourd’hui il est sorti, je l’aime plus que tout, encore plus qu’avant. C’est possible ça? Bien sûr, car aujourd’hui, je sais qu’il est là, on se dit, on se montre qu’on s’aime plus souvent, on arrête de se prendre la tête pour des conneries. La vie nous a donné une belle baffe! A nous de nous en souvenir!

Mon cadeau de St valentin, cette année, ce sera avec Robert. Attends tu connais pas Robert?

C’est décidé, je fais une formation à la Croix Rouge. Je veux apprendre les gestes qui sauvent. Et vous?