Budget de la recherche : «qui croit encore au conte de fées ?», décryptage par Bertrand Monthubert

Publié le 26 février 2011 par Letombe
Bertrand Monthubert, secrétaire national, décrypte la réalité du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. Faute de parvenir à débattre lors d'un face-à-face avec Valérie Pécresse, celle-ci ayant toujours refusé, il démonte point par point les mensonges de son argumentation sur son blog  

Manipulations budgétaires

Il démontre ainsi par exemple que les chiffres proclamés par Valérie Pécresse sur «l'engagement tenu» en terme de hausse de budget sont faux car ils intègrent «des manipulations budgétaires» : «changement de périmètre (on compte dans le budget des choses qui auparavant étaient comptabilisées ailleurs), attribution des dépenses de retraite au budget de l’enseignement supérieur et de la recherche». Et constate tableau à l'appui, «en fait, les crédits budgétaires de l’enseignement supérieur, une fois enlevées ces manipulations, stagnent en euros constants» :  

  Il oppose aux augmentations du budget du CNRS et des Universités clamées par Valérie Pécresse, respectivement une baisse en 2011 et le constat d'une situation préoccupante : «Plusieurs universités ont des déficits budgétaires de plusieurs millions d’euros. D’une manière plus générale, le passage aux responsabilités et compétences élargies se fait dans de mauvaises conditions. (...) Le budget des universités a certes augmenté, mais les charges qui leur ont été transférées ont encore plus augmenté : le bilan est donc négatif».


Rattraper le retard par rapport aux autres pays ?

En regardant «l’indicateur majeur pour comparer les pays : l’intensité de recherche», il démontre en chiffres que «la France est loin derrière les autres pays, ne les rattrape pas du tout, et est extrêmement loin de respecter l’engagement du président de la République» :  

  Quant au comportement de la France par rapport aux autres pays, le tableau que vous pouvez retrouver avec le détail de son analyse dans son billet, montre qu' «elle est au mieux dans la moyenne européenne !».  

Plan Campus et le Grand Emprunt

Il explique la relativité des sommes annoncées par Valérie Pécresse dans sa mise en avant du Plan Campus et le Grand Emprunt en montrant que «ces sommes sont faibles une fois ramenées à une dotation annuelle : moins d’un milliard d’euros». «Et encore faudrait-il que les sommes arrivent réellement» remarque-t-il en développant l'exemple du Plan Campus, «annoncé en grands pompes il y a trois ans» et dont «on attend encore qu’il fasse des petits». «En 2010, le montant utilisé n’a été que de 70 millions d’euros…» rappelle-t-il.   Il met en lumière par ailleurs, que «même si Valérie Pécresse se plaît à citer quelques exemples de projets soutenus dans diverses villes, la réalité est une hyper-concentration comme le montre la carte ci-dessous des projets d’équipements d’excellence qui ont été retenus, tirée du site du Monde» :   Il constate encore que si le Crédit d’Impôt-Recherche, a certes triplé, «son efficacité n’a toujours pas été montrée». Car continue-t-il en chiffres, «l’Etat a dépensé plus, mais n’a pas été suivi par un effort parallèle des entreprises».
«Encore une fois, Valérie Pécresse récite son conte de fées. Mais les chercheurs ont passé l’âge d’y croire» conclut-il.   >> retrouvez l'intégralité de son analyse