MORT D' ANNIE GIRARDOT. Fondu noir

Publié le 28 février 2011 par Abelcarballinho @FrancofoliesFLE

L’actrice Annie Girardot, atteinte de la maladie d’Alzheimer et hospitalisée dans un établissement spécialisé depuis plusieurs mois, s’est éteinte ce lundi.

Annie Girardot dans un extrait du film "Rocco et ses frères", Luchino Visconti 1960

C’est “Rocco et ses frères”, de Visconti, qui l’avait révélée, à 28 ans,  en 1960. Au fil des rôles, au théâtre ou au cinéma, sa pétulance, sa générosité, sa voix de fumeuse de Gitanes, sa grande gueule aussi, en avaient fait l’actrice préférée de la France des années 70-80, avec des passages remarqués chez Ferreri, Lelouch et De Broca. Après des choix hasardeux et un long passage à vide, elle était revenue en haut de l’affiche, notamment avec Michael Hanecke (“La Pianiste”, en 2001). Mais depuis 2006, atteinte de la maladie d’Alzheimer, Annie Girardot était incapable de tourner. L’actrice s’est éteinte ce lundi matin à Paris. Elle était âgée de 79 ans.

Diplômée du conservatoire de la rue Blanche dont elle est sortie avec un double premier prix avant d’entrer à la Comédie Française, Annie Girardot a obtenu son premier rôle marquant dans Maigret tend un piège, de Jean Delannoy. Malgré un talent et une beauté indéniables, il lui faudra attendre les années 70 pour devenir une actrice incontournable du cinéma français. Elle crèvera ainsi l’écran dans Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause de Michel Audiard. Mais cette actrice tous terrains avait aussi le sens de la comédie. Philippe de Broca ne s’y trompa pas. Personne n’exploita comme lui son énergie tendrement hystérique dans Le Cavaleur, et surtout Tendre Poulet (1978)  , comédie où elle campe une femme flic.

Images de " Tendre Poulet", de Philippe de Broca

En 1977, elle obtiendra le César de la meilleure actrice pour Docteur Françoise Gailland. Elle en recevra deux autres pour des seconds rôles, en 1996 pour Les Misérables de Claude Lelouch, et en 2002 pour La pianiste de Michael Haneke, son dernier grand film. Avec ce rôle de mère abusive, tortionnaire et victime de sa fille,  Girardot décida de montrer ce dont elle était encore capable, même rabougrie, même avec une mémoire qui commençait sérieusement à s’effilocher.

Le soir de la remise du prix pour Les Misérables,  Annie Girardot a tenu un discours très émouvant dans lequel elle clamait son amour pour ce cinéma français qui l’avait un peu oubliée.



Extrait du film "Les misérables" de Claude Lelouch, 1996, qui  a valu à Annie Girardot son deuxième césar; suivit de la cérémonie des césars où elle reçue son prix. C'est une séquence très émouvante.

La Pianiste. 2002

D’Annie Girardot, on retient surtout l’énergie, la voix grave et le look garçonne qui ont rendu son style inimitable. Pourtant, depuis plusieurs mois, l’actrice, atteinte de la maladie d’Alzheimer, n’était plus que l’ombre d’elle-même comme le confiait récemment sa fille Giulia Salvatori, auteur d’une biographie intitulée La mémoire de ma mère. Elle avait même dû être placée dans un établissement spécialisé où était également soigné son frère Jeannot, qui souffrait du même mal. En octobre dernier, Giulia confiait au Parisien la lassitude et le découragement qui avaient envahi l’actrice. « Je crois qu’elle en a marre, expliquait-t-elle. Je le vois dans ses yeux. Elle n’a pas envie qu’on la voit comme ça.». Annie Girardot est morte aujourd’hui à l’hôpital parisien Lariboisière.

source: Voici.fr  /  Télérama