Changement climatique : le climat méditerranéen a progressé de 100 km à l'intérieur des terres

Publié le 01 mars 2011 par Bioaddict @bioaddict
Une étude sur trente ans menée par L'Inra (Institut Nationale de Récherche Agronomique) montre que le réchauffement globale a fait progressé l'extension du climat méditerranéen.

L'Inra s'est lancé, dans un travail de compilation et d'analyse des données historiques de quatorze stations de Météo-France, au sud d'une ligne Lyon-Gourdon. Climfourel, c'est le nom de ce programme, vient de livrer ses premières conclusions. Elles sont éloquentes. " De 1900 à 1950, on est sur des évolutions lentes, peu sensibles du climat. De 1950 à la fin des années soixante-dix, rien ne change vraiment. En revanche, au cours des trois dernières décennies, on constate un emballement des données ".

Les températures moyennes ont grimpé de 2,3° C l'été et de 0,8° C l'hiver. " L'évolution est beaucoup plus régulière pour la période mai-août que pour la période novembre-février. On a donc connu des hivers très froids au cours de ces trois décennies, mais ils étaient moins froids que les hivers les plus froids des époques antérieures ". Curieusement, la pluviométrie moyenne a peu évolué même si on observe là aussi des variations autour de la tendance. Seul le printemps est un tout petit peu moins arrosé qu'avant.

Il faut donc chercher ailleurs la raison de la multiplication des périodes de sécheresse... dans l'évapo-transpiration des plantes. " En 30 ans, elle s'est accrue de 240 mm par an en plaine. Autrement dit, les plantes ont davantage besoin d'eau qu'avant, or comme il ne pleut pas plus, les phénomènes de stress hydrique se multiplient ". L'élévation des températures est la raison principale de cette évaporation, mais pas seulement : " En trois décennies, l'air, en été, est devenu beaucoup plus sec et le rayonnement solaire s'est accru de 7 à 8 % ".

Conséquence spectaculaire de ces évolutions, la limite du climat méditerranéen a reculé de 100 kilomètres à l'intérieur des terres, englobant désormais Toulouse mais aussi Millau et Montélimar. À l'intérieur de cette zone, le climat de Montpellier est devenu semi-aride...

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