Un breuvage miraculeux

Publié le 06 mars 2011 par Podcastjournal @Podcast_Journal

C'est celui que propose l'opéra-comique L'elisir d'amore de Gaetano Donizetti, production du Teatro dell'Opera di Roma. L'oeuvre fut créée avec succès au Teatro della Canobbiana de Milan, le 12 mai 1832 et resta à l'affiche pendant un mois. Elle ne la quitte pas non plus à notre époque où elle est fréquemment représentée partout.


Portrait de Gaetano Donizetti au Musée du Teatro alla Scala - image du domaine public Deux actes sur un livret de Felice Romani,1788-1865, poète, mais surtout librettiste prolifique de l'époque puisqu'il en écrivit des dizaines qui donnèrent naissance à au moins deux cents opéras chez une centaine de compositeurs les plus différents. Il s'était inspiré pour la circonstance d'une comédie d'Eugène Scribe, 1791-1861, auteur dramatique français et grand pourvoyeur lui aussi de sujets d'opéra. Sa comédie Le Philtre, avait auparavant inspiré à Daniel-François-Esprit Auber un opéra éponyme dont la première avait eu lieu à Paris, au théâtre de l'Académie royale de musique le 15 juin 1831. Comment ne pas être séduit par cette charmante histoire qui se déroule en Toscane au début du XIXe siècle. Le pauvre paysan Nemorino est amoureux de la riche Adina qui raconte la légende de Tristan et du philtre miraculeux. Justement, arrive au village le charlatan Dulcarama qui propose un extraordinaire élixir, en réalité un simple vin. Un flacon de ce breuvage donne cependant assez d'optimisme au naïf jeune homme, il peut donc feindre l'indifférence et espérer qu'Adina dévoilera ses sentiments. Il n'en est rien, bien au contraire, vexée, elle veut épouser Belcore, un militaire en garnison au village. Le malheureux Nemorino désargenté n'a d'autre solution pour racheter de l'élixir que de s'engager. Mais subitement, arrive la nouvelle de la mort de son oncle qui le fait riche, rien de s'oppose donc plus au mariage et tout finit bien naturellement.
La composition en fut rondement menée, le Teatro della Canobbiana était pris de court, un compositeur lui ayant fait faux bond. Donizetti n'avait que quinze jours pour mener à bien l'oeuvre et Romani une semaine pour peaufiner son livret. Le résultat est excellent. Le compositeur né et mort à Bergame, 29 novembre 1797-8 avril 1848, très prolifique, quelque quatre-vingts opéras en moins de trente ans, s'est illustré dans de nombreux genres mais c'est par l'opéra qu'il reste célèbre. La Fille du régiment, Don Pasquale, Anna Bolena, Lucia di Lammermoor ou La Favorite étant les plus représentés. On se réjouit donc de pouvoir se laisser prendre au charme de cet élixir qui instille le bonheur.


L'elisir d'amore de Gaetano Donizetti
Opéra de Nice
4 et 6, rue Saint-François-de-Paule
06300 Nice
04 92 17 40 00
www.opera-nice.org

Dimanche 6 mars à 15h
Mardi 8 à 20h
Jeudi 10 à 20h
Samedi 12 à 20h

Direction musicale Enrique Mazzola
Mise en scène Fabio Sparvoli
Décors Mauro Carosi
Costum
Lumière Vinicio

Adina Ekaterina Siurina
Nemorino Charles Castronovo
Le docteur Dulcamara Pietro Spagnoli
Belcore Mario Cassi
Giannetta Eduarda Melo

Orchestre Philharmonique de Nice - Chœur de l'Opéra de Nice
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Colette Dehalle, le 06/03/2011