Delirium - Tome 1

Par Archessia

Auteur : Lauren Oliver

Editeur : Hachette Jeunesse (Collection Black Moon)

Prix : 18 €

Résumé :

Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme le plus grand des maux. Un monde où tous les adultes de 18 ans subissent une opération du cerveau pour en être guéris. A quelques mois de subir à son tour « la Procédure », Lena fait une rencontre inattendue… Peu à peu elle découvre l’amour et comprend, comme sa mère avant elle, qu’il n’y a pas de plus grande liberté que laisser parler ses sentiments. Même si cela implique de quitter ses certitudes…
« Ils prétendent qu’en guérissant de l’amour nous serons heureux et à l’abri du danger éternellement. Je les ai toujours crus. Jusqu’à maintenant. Maintenant, tout a changé. Maintenant, je préférerais être contaminée par l’amour ne serait-ce qu’une seconde plutôt que vivre un siècle étouffée par ce mensonge. »

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Déjà quelques temps avant sa sortie, ce titre me faisait de l'oeil. Mon envie de le lire a grandit en voyant fleurir les excellentes critiques sur le net. J'étais donc ravie de pouvoir le recevoir, et je comprends maintenant l'engouement qu'il provoque !

Dans notre monde, et dans pas mal d'années (peut-être une bonne centaine), l'amour et les autres sentiments forts ont été déclarés dangereux par l'état, et des scientifiques ont même réussis à trouver un remède pour éliminer ceux-ci.

Grâce à une opération que l'on fait à toute personne lors de ses 18 ans, les humains ont trouvés une sérénité, une paix intérieure et extérieure, qu'aucun sentiments puissant ne vient perturber.

Lena a 17 ans, et elle attend avec impatience la date de sa Procédure.

ENFIN, elle se sentira apaisée, et plus jamais elle ne subira les assauts de la jalousie, la honte des complexes ou le pincement de la colère.

Elle sera comme tout le monde, son esprit sera neutre, vraiment, elle n'attend que ça.

Bien sûr, elle trouve dommage le fait qu'elle ne sera plus amie avec Hana, car l'amitié est également un sentiment annihilé par l'opération. Mais s’il faut en passer par là, alors elle le fera.

Par contre, un problème de taille vient perturber tout ce que Lena a toujours pensé : elle va rencontrer Alex, et avec lui, bien des dangers vont déferler dans sa vie.

Le plus gros, et le plus nuisible de tous étant l'amour.

Dès les premières pages nous sommes emportés aux côtés de Lena, et l'étrange ambiance que dégagent les premiers chapitres attisent notre curiosité.

Chaque chapitre est précédé d'un extrait de la nouvelle Bible de l'époque, de poèmes, de comptines, etc ...

Quelques morceaux choisis nous permettant de mieux cerner la mentalité qui habite la population.

Vu la façon dont tout le monde parle de l'amour et des autres sentiments forts, on a presque envie de les croire !

Oui, l'amour nous fait faire des choses folles, chamboule notre appétit, notre moral, notre façon de voir les choses, exacerbe nos actions et nos pensées, nous fait mal également, nous provoque des douleurs qui nous paraissent tellement insurmontables. Et oui, des gens meurent, à cause de l'amour.

Lena l'a bien comprit, elle est consciente des dangers inhérents à cet état étrange, sa mère étant morte à cause de l'amour. Elle n'a jamais pu supporter la perte de son mari, et elle a voulu le rejoindre, malgré plusieurs opérations ratées effectuées par les autorités médicales.

Pour Lena donc, c'est un fait, elle ne veut jamais tomber amoureuse, elle veut juste rentrer dans un moule de perfection.

Mais une fois que la petite graine d'un sentiment est plantée, elle ne peut que grandir, pousser pour devenir un arbre immense qui recouvre tout de son feuillage.

C'est l'effet qu'aura Alex sur Lena.

Et c'est beau, puissant, ça vibre, ça touche, ça émeut, ça nous serre la gorge et le coeur.

Mais en dehors de l'histoire de ces deux amoureux, le livre effleure d'autres sujets, tout aussi importants.

Le contrôle de la population, la culture de la différence, la peur de la maladie et de la contagion.

Car dans ce roman, on parle de l'amour comme d'une maladie que l'on attrape et qui peut se répandre à grande vitesse.

Il y a des passages où des personnes ont peur d'approcher, de toucher une personne amoureuse. Absolument ridicule, n'est ce pas ?

Et pourtant, je n'ai pu m'empêcher de faire le rapprochement avec certains malades de cancer, ou du sida, qui doivent subir à longueur de temps ces comportements ridicules et blessants.

Ce qui m'a marquée dans ce livre, c'est que malgré que le tout soit assez sombre, que l'univers dépeint soit dur, froid et ultra contrôlé, il y avait toujours une lueur d'espoir pour éclairer le tout.

Le fait que les sentiments subsistent quelque part, et continuent à exister malgré tout (car, au final, c'est tout ce qu'il y a de plus naturel chez l'être humain ! ), est un formidable message qui nous donne envie de croire, jusqu'au bout, qu'il y a moyen de triompher des épreuves si on s'en donne la peine et si on a des éléments dans nos vies qui nous donnent envie de se battre pour eux.

Au niveau des personnages, sans être incroyablement attachants, ils sont vraiment très intéressant, et c'est avec avidité que j'ai suivis leur évolution.

En parlant d'évolution, c'est bien sûr Lena qui fait preuve de la plus grande dans tout le récit.

Cette jeune fille qui avait ses convictions et qui était certaine de savoir ce qu'elle voulait, voit peu à peu son quotidien se métamorphoser, ses certitudes voler en éclats, et ses yeux s'ouvrent de plus en plus à la société dans laquelle elle évolue, remarquant ses failles et ses abus.

C'est beau de la voir changer au fil des pages, de la voir devenir quelqu'un de fort, de transporté par l'amour et la foi qu'elle a dans ses nouvelles convictions et envies.

Alex, sans être le super tombeur, parfait et incroyablement beau, reste quelqu'un d'attirant, mais surtout de protecteur.

Non seulement il apporte dans la vie de Lena l'incroyable cadeau de l'amour, mais il devient également une sorte de guide pour elle, il lui montre ce que le monde a à lui offrir, en dehors des murs fermés que le gouvernement a érigé autours des villes.

Fort et plein de promesses, il est l'image même du premier amour, doux-amer mais tellement puissant.

Que ce soit pour ses personnages, son scénario, l'évolution de l'histoire ou son message véhiculé, j'ai été séduite par ce livre, et la dernière page m'a vraiment achevée, m'arrachant une larme au passage. La plume poétique et terriblement fluide de Lauren y est pour beaucoup, avec un style très visuel et des descriptions de sentiments à couper le souffle, tellement vivants et réalistes qu'on ne peut que les ressentir pendant notre lecture.

Un superbe ouvrage qui enchantera énormément de lecteurs.

D'ailleurs, même Hollywood est sous le charme, la Fox ayant acheté les droits pour une adaptation au cinéma.

Un grand merci à Hachette Jeunesse, et en particulier à Cécile.