Journée de la femme : la face sombre de la fête

Publié le 08 mars 2011 par Mcetv

La Journée internationale est l’occasion de célébrer la femme, mais également de dénoncer les violences et inégalités dont elles sont victimes


En 1910, lors de la 2e conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, Clara Zetkin, une journaliste allemande, propose la création d’une « Journée internationale des femmes ». L’événement deviendra après 1945 une tradition dans le monde entier. La Journée de la femme, c’est une belle initiative, mais derrière les sourires et les célébrations, il y a la réalité.

Violences et inégalités : une réalité

En France, tous les 3 jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint (soit 140 femmes par an). Pour le réseau Osez le féminisme, chaque année, en France, plus de 198 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol. 75 000 sont violées. Une femme sur 10 a été violée ou risque de l’être au cours de sa vie. Dramatique, honteux, et pourtant très largement ignoré d’un point de vue juridique, puisque l’on estime que seulement 2 % des violeurs sont condamnés. Le Collectif féministe contre le Viol, qui gère une plateforme d’appel pour les femmes victimes de viol, estime qu’une victime sur 10 seulement porte plainte. Dans le monde du travail, les femmes souffrent encore de nettes discriminations. Elles gagnent en moyenne 27 % de moins que les hommes. Du côté des emplois à temps partiel, la situation n’est guère plus reluisante. Les femmes représentent en effet 80 % des emplois à temps partiel. Au niveau mondial, en 2011, elles occupent 20 % des postes de direction d’entreprises, un taux en baisse sur 2009 où elles représentaient 24 % des dirigeants de sociétés, selon une étude du cabinet d’audit et de conseil Grant Thornton.

Un nouveau plan de lutte contre les violences faites aux femmes

D’après Le Monde, Claude Guéant, Ministre de l’intérieur, et Roselyne Bachelot, Ministre des solidarités, ont annoncé, lundi 7 mars, un nouveau plan de lutte contre les violences faites aux femmes. Le troisième depuis le début du quinquennat. Claude Guéant précise qu’un des défis est « d’aboutir à ce que les violences conjugales, au lieu qu’elles soient cachées, soient révélées afin qu’elles puissent être traitées et prises en compte. » Ce plan ciblera également les « violences sexistes et sexuelles au travail. » Xavier Bertrand, Ministre de la santé et du travail, a quant à lui examiné la situation exposée par la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (Halde) et préconise la publication, avant l’été, d’un décret concernant les sanctions financières à l’égard des entreprises qui ne respecteraient pas l’égalité professionnelle entre hommes et femmes. « J’attends que les entreprises qui n’ont pas encore cette égalité se disent : il vaut mieux la faire plutôt que de payer une pénalité. C’est pour faire changer les comportements », a-t-il souligné.

En France, de nombreuses associations et fédérations féministes organisent en ce jour des débats, expositions, et marches dans toute la France sur les thèmes de la violence conjugale ou des discriminations dans le monde du travail. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Lauren Clerc