L’ONU intervient en Libye

Publié le 28 mars 2011 par Vindex @BloggActualite

Le jeudi 17 mars, l’ONU a voté une résolution instaurant une zone d’exclusion aérienne en Libye, sous l’impulsion de la France et du Royaume-Uni (membres permanents à l’assemblée des Nations-Unies), de la Ligue Arabe dirigée par le Liban qui a joué un grand rôle dans la mise en place cette zone (10 voix pour et 5 abstentions dont l’Allemagne, la Chine et la Russie). Le but de cette résolution est d’interdire le survol de la Libye et de protéger des civils.

Une zone d’exclusion aérienne est un espace où il est interdit aux avions de voler. Le but des forces armées aériennes est d’assurer la protection des civils par des frappes ciblées sur des zones jugées capables de mettre en danger les populations. Il n’est pas question pour l’instant d’une participation des forces terrestres ni de renverser le Colonel Kadhafi. En effet, le Mouammar Kadhafi au pouvoir depuis 1969 (seul Fidel Castro a fait mieux) a déclaré vouloir réduire l’opposition par la force. C’est pour éviter un bain de sang et ne pas revoir les démons du génocide rwandais de 1994 que les forces alliées se sont décidées à voter la résolution. Cette dernière à été approuvée par les forces de l’OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord) avec en premier les Français, les Britanniques et les Américains, le Canada, l’Espagne, le Danemark et le Qatar, seul pays Arabe à avoir rejoint la coalition. Les Américainsont décidé de partir le mardi 22 mars, de réduire leur participation et de laisser l’OTAN coordonner les actions militaires. Il faut dire qu’ils ont prit soin de ne pas apparaître comme le pays moteur de cette intervention, basée sur un mandat des Nations unies.

Un blocus continental a également été adopté pour interceptertoute livraison d’armes vers la Libye.

-Les points d'appuis de la coalition pour faire respecter la zone d'exclusion aérienne-


C’est sous l’impulsion de la France et du Royaume-Uni que cette résolution fut votée. Le ministre des affaires étrangères Alain Juppé a prononcé un discours pour défendre l’option militaire jeudi dernier, tard dans la nuit. Le régime de Tripoli avait vendredi 18 mars décrété un cessez-le-feu, mais ses troupes ont poursuivi leur offensive, notamment sur Benghazi. Nicolas Sarkozy a alors décidé de lancer ses avions contre les troupes de Kadhafi. A 18 heures, samedi 19 mars, des chasseurs français ont lancé une attaque contre des véhicules blindés positionnés aux abords de Benghazi, fief des insurgés. Selon la chaîne Al-Jazeera, ils auraient détruit quatre tanks. Ce furent les premiers bombardements suivis par les frappes anglaises vers 21 heures. Londres a indiqué que ses avions étaient entrés en action dans le ciel libyen, sans plus de précision. Les forces américaines ont de leur côté tiré plus d’une centaine de missiles Tomahawk à partir de navires croisant au large des côtes libyennes sur des sites de défense antiaérienne de Kadhafi.

Pourtant dès lundi, les premières fissures commencent à apparaître dans la coalition. En effet, la Ligue Arabe a émis des critiques sur les frappes aériennes. Elle accuse la coalition de vouloir faire chuter le Colonel Kadhafiet d’aller ainsi contre la résolutionde l’ONU.Pourtant,la situation risque d’être bloquée si le « Guide » refuse de quitter le pouvoir. Il faudra alors voter une nouvelle résolution pour intervenir militairement ce que refusent de nombreux pays. Certains pensent qu’il faudrait aider financièrement l’opposition. Les Libyens veulent aussi faire eux-mêmes leur révolution.

Le risque est de voir à terme une partition de la Libye entre un ouest pro-Kadhafi du fait des tribus associées au Guide, et un est anti-Kadhafi avec les tribus en lutte contre Kadhafi depuis sa prise de pouvoir, ayant toujours été marginalisé du point de vue du développement.

-Les frappes aériennes en Libye-


Source : Le Monde

Florian Thomas