Au printemps a quoi rêvons nous?

Publié le 27 mars 2011 par Xylophon

En de cette préfiguration d'un printemps estival, il est apparu le regard vide, le visage bouffi, et la voix chevrotante. Le chanteur de mistral gagnant n'a plus la forme:l'alcool y est sans doute pour quelque chose. Putain de gâchis, car il aurait eu des choses à dire Renaud sur ce printemps qui ne fait pour l'instant pas rêver grand monde...

JAPON:Les cerisiers sont en fleurs, mais je ne suis pas sûre que les japonais auront envie de célébrer cette année le hanami.

http://lexilousarko.blog.fr/2009/01/31/la-fragilite-du-sakura-5480417/

Le Japon a toujours exercé chez moi une certaine fascination. Et même si l'histoire ne les a pas forcément rendus sympathiques (l'invasion de la Mandchourie par les japonais romancée dans La Joueuse de Go de Shan Sa a fait plusieurs centaines de milliers de morts), la philosophie shinto et l'architecture japonaise tranche avec les diktats d'un matérialisme dont les images et les produits n'ont de cesse de nous solliciter de façon journalière.

Tremblements de terre, tsunami, catastrophe nucléaire: un seul de ces événements en France aurait provoqué panique et désorganisation. Au Japon, même face à cette dynamique tragique, tout est calme. Les japonais semblent vivre cela comme si ils étaient extérieurs aux évènements; non pas qu'ils n'aient pas souffert, mais ils ont des ressorts de dignité et de courage qui forcent l'admiration.

LYBIE: Les saisons favoriseraient-elles les révolutions? Il semble que oui. On parla même de Printemps des peuples en 1848 pour évoquer les contestations des peuples européens face à l'absolutisme monarchique. Au printemps 1974, la révolution des œillets donnera le point de départ de tout un mouvement démocratique qui fera renverser de nombreux dictateurs dans le monde.

Aujourd'hui, je ne sais pas si l'on peut parler de "révolution arabe", mais des mouvements populaires inattendus en Afrique du nord ont commencé à l'aube de ce printemps 2011. Demain, la Syrie suivra peut-être le chemin d'une route sinueuse vers la démocratie.

Ces révoltes sont une leçon pour toutes les démocraties occidentales: alors que depuis une dizaine d'années on ne cessait de présenter ces pays comme porteurs de tous les germes du terrorisme, les populations sont venues nous rappeler que l'oppresseur n'est pas toujours celui que l'on croit: un revers de plus pour nos gouvernants qui n'ont cessé de se compromettre avec ses dictateurs en leur offrant le tapis rouge et l'installation d'une tente en plein cœur de Paris...

Alors pour une fois, la France a pris ses responsabilités sur la scène internationale, feignant juste de nous faire croire cependant qu'elle avait tout décidé toute seule. Peut importe après tout, l'important était juste de ne pas intervenir trop tard.

Reste que cette intervention sans doute indispensable, interroge indirectement la situation en Côte d'Ivoire où des exactions macabres sont commises chaque jour pour la défense d'un dictateur qui ne veut pas non plus céder sa place...

FRANCE: Les cantonales ont montré les limites de la stratégie de N.Sarkozy pour reconquérir des électeurs qui avaient cru aux promesses du Président de la Républiques. L'UMP a montré cette semaine ses divisions,n'ont pas que ce soit une nouveauté, mais elles apparaissent dorénavant au grand jour.

L'Ump n'a jamais eu d'identité idéologique dans la mesure où c'est un parti crée exnihilo pour gagner une campagne présidentielle. Sorti de cette course électorale, on voit bien combien il existe des différences entre les sarkozystes, les centristes, les chiraquiens..

http://lexilousarko.blog.fr/2009/11/29/et-si-l-ump-n-existait-pas-7481568/

Et l'on voit bien également combien la droite n'a pas tranché la question de la porosité d'un vote extrême droite. Si pour certains élus, le clivage entre droite républicaine et droite nationale est clair; pour d'autres la tentation est grande de faire alliance pour ne pas perdre une circonscription.

Par son discours et son entourage, le Président de la république a donné une légitimité politique à Marine Le Pen. Même si celle ci n'a pas de solutions pour faire face aux problèmes, elle répond aux inquiétudes et à l'exaspération des français qui ont choisi le vote Front National plutôt que celui des partis républicain.

En ce printemps, a quoi rêvons nous? Je ne sais pas si l'on rêve, mais on espère:
que la catastrophe de Fukushima Daiichi soit la dernière,
que la insurgés libyens renversent Kadhafi,
que la France sorte de l'impasse politique d'un discours sécuritaire et malsain pour
que nous cessions de croire que c'est toujours les autres les respponsables: qu'ils soient immigrés, étrangers, roms...