Etat chronique de poésie 1173

Publié le 30 mars 2011 par Xavierlaine081

 

1173 

Il y eut une page blanche d’un jour

Un jour pressé comme un citron 

Sans jus et sans repos 

Sans paille et sans soleil 

Bien que 

* 

Il y eut un jour de mots prononcés en dedans 

Qui ne trouveraient aucune issue 

Même de secours 

Pour s’évaporer sur des pages de hasard 

* 

Il y eut donc un silence 

Une ponctuation zébrant de son manque d’ardeur le front d’une journée 

Une journée qui te fis l’affront de ne rien laisser 

Ni espace ni mesure 

* 

D’un rendez-vous à l’autre 

D’une plaie à une bosse 

Les heures déclinaient leurs attentes d’un hypothétique mieux 

Vous allongiez entre deux mains 

Votre cargaison de soupirs 

Vous embarquiez dans un navire 

Avec au ventre l’espoir de guérison 

. 

Dérisoire espoir qui ne nous voit 

Que six pieds sous terre 

Définitivement rétablis 

. 

Toi tu arpentes les étages 

Disant à qui veut l’entendre 

Que la vie elle-même 

Est maladie mortelle 

Sexuellement transmissible 

. 

Qu’il n’est donc qu’un horizon 

Le dernier 

Dont nous puissions être certains 

De ne pas nous relever 

Entraînant dans notre chute 

Tous les maux qui nous assaillent 

* 

Et pourtant 

Chaque jour 

Tu oses parler d’espérance 

Non celle 

Si veule 

Posée en attentes passives 

. 

Tu oses en affirmer une autre 

Qui se loge en mutations infimes 

. 

Tu te sais en perpétuel changement 

Tu es toujours le même et sans cesse différent 

. 

C’est là que résident 

Ta force et ta faiblesse

. 

Manosque, 2 mars 2011

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