du peuple souverain face à la médiacratie

Publié le 03 avril 2011 par Mister Gdec

despasperdus

Reading: « Mélenchon vs Alain Duhamel : « ( http://twitthis.com/n83idj )

Piquant au vol l’un des tweets de l’ami Des Pas Perdus, je me suis retrouvé devant cette vidéo de l’émission « semaine critique » chez l’imbitable F.O.G.,  face  à Alain Duhamel et Jean-Luc Mélenchon, le 1er avril 2011.

L’intervention de Duhamel, liée à une opération de promotion d’un livre avec son frangin, portait sur le renversement de tendance historique de la pression du pouvoir sur les médias qui tend à tourner à la faveur de ces derniers : « aujourd’hui, c’est un rapport de forces qui a changé »… nous dit le politologue. Il n’en fallait pas plus à l’animateur et à un tel sens inné de l’esprit de transition pour passer la parole à Mélenchon.

Que nous dit en substance ce dernier ? Que contrairement à une idée commune fort répandue et notamment par lesdits médias (que pour certains cela arrange bien…), il n’en a pas après tous les journalistes, mais seulement après ceux qui représentent et véhiculent si bien les intérêts de l’oligarchie, c’est à dire le seul pouvoir de quelques uns au détriment de la plupart. L’important n’est-il pas en effet comme il le dit si bien que soient représentés la diversité et la pluralité des points de vue ?

Pourtant, la source du conformisme qui règne dans les salles de rédaction, c’est pour lui l’indifférence de ces nantis de journalistes consacrés qui ne voient pas ou plus que 50 % des « petites mains » qui travaillent avec eux ont des statuts précaires, au point que certaines femmes qui en souffrent préfèrent ne pas déclarer leur maternité pour ne pas perdre leurs allocations chômage lorsqu’elles sont intermittentes du spectacle…. Posant ainsi  l’excellente question de la condition sociale de la production des médias. L’une des principales motivations de son combat face aux médias installés, nous déclare-t-il.

Par ailleurs, il se rebelle contre l’idée selon laquelle le peuple ne serait pas souverain, en prenant pour exemple le référendum de 2005, qui a tant pesé pour illustrer le thème du déni de démocratie, y compris de la part de chroniqueurs qui étaient tous majoritairement pour le Oui, comme les élites de droite et d’une certaine gauche, répandant leur bonne parole selon, pour reprendre l ‘expression de Mélenchon, un « catéchisme »convenu. Duhamel ne peut guère en disconvenir… : le peuple n’aurait effectivement pas toujours raison… selon lui et les siens.  Et pourtant, nous en voyons et constatons aujourd’hui tous les méfaits, de cette politique européenne exclusivement basée sur des bons comptes qui font les bons amis…

« Si le peuple est souverain, il décide. Notre rôle est donc de lui soumettre des alternatives, et pas de lui dire qu’il n’y a qu’une seule solution possible… Seule l’Europe va vous tirer d affaires, et surtout celle la, et d’ailleurs Mr Mélenchon est minoritaire donc il a tort.« 

Belle leçon de réthorique, Jean-Luc. Merci beaucoup. J’aime bien cette histoire d’arroseur arrosé qui nous venge de  tous des affronts de cette médiacratie qui nous a tant méprisés dans le passé.. A travers ta voix, et même si je te trouve parfois excessif, nous le lui rendons bien. Et ici, en l’occurrence, brillamment. Toute ma gratitude.

Pour clore ce billet, je vous laisse à cette citation de Mr Giesberg qui brille par sa profondeur… et surtout son adéquation avec mon propos de ce soir :

«La politique, c’est d’abord la gestion des contradictions.»
[ Franz-Olivier Giesbert ] – La Tragédie du président