Invesco-Trimark au désespoir

Publié le 14 avril 2011 par Fabien Major @fabienmajor

Cette semaine j’ai reçu un curieux message de l’équipe de direction d’Invesco-Trimark. J’ai eu beau le relire 3 fois, je n’en reviens pas. Je crois bien que c’est la première fois qu’une société de fonds publie un aussi long et langoureux cri du coeur…

Dans un plaidoyer (…de 12 pages!!!) aux allures de justifications, Invesco-Trimark fait le point sur des questions crues et souhaite déboulonner des doutes sur sa gestion. Intitulée Perceptions vs Réalité, cette lettre ouverte aux conseillers vise à corriger les perceptions supposées être erronées qu’ont les professionnels de la finance à propos de la «nouvelle façon de faire» d’Invesco Trimark.

Plutôt malhabile, cette stratégie à deux tranchants a au moins le mérite d’être franche et directe.

Tout y passe

-Pourquoi courent-ils 2 lièvres à la fois (gestion active et passive)?
-Les bons gestionnaires sacrent-ils tous leur camp?
-Le niveau inquiétant de rachats affecte-t’il la solidité de la firme?
-Invesco va-t’elle quitter le marché canadien?
-Pourquoi leur faire confiance?…

Perceptions erronées? Un instant. Les conseillers ne sont pas dupes. Il est clair que depuis 5 ans, les professionnels de la finance ont pu constater que leur firme «chouchou» de fonds communs vivait de grands bouleversements. Comme un bulldozer, la machine Invesco a tout rasé de l’identité propre à Trimark et laissé maintes fois les conseillers dans le brouillard.

Nous avons été patients et nous avons aussi écouté, mais le changement de culture ne colle pas. Les grands assureurs aussi ont déserté les portefeuilles d’Invesco, pourquoi? Mauvaise perception? NON. Les messages étaient on ne peut plus clairs. Les nombreuses désertions de gestionnaires, la forte volatilité, la multiplication des fonds, la désaffiliation à l’IFIC, le puissant marketing vantant les fonds indiciels… c’est juste trop!

Comme les planificateurs et conseillers: la gang de Manuvie, Sunlife et autres géants de l’assurance considèrent que Trimark n’est plus l’ombre d’elle-même. La valeur ajoutée était humaine! Pas plus caves, nous sommes allés la retrouver chez Black Creek (CastleRock) et Edgepoint mais aussi chez Manuvie, AGF, Dynamique, CI, Fidelity…etc.

Ils ne sont pas mauvais mais…

Là où cette missive rate périlleusement sa cible, c’est lorsqu’on tente de justifier le départ des gestionnaires vedettes par des piètres performances. Un tableau simpliste montre que les Jenkins, Bousada et MacDonald affichaient tous des rendements de 3e et de 4e quartile au moment de leurs départs! Cheap shot!


Pas fort! Je sais bien que les anciens artisans de la marque Trimark ne tomberont pas dans la réplique. Ce serait bien trop facile! Mais, par curiosité j’ai comparé avec ce qu’ils récoltent AILLEURS. C’est tranchant. On dirait bien que le carcan Invesco étouffe le talent mais, celui-ci peut merveilleusement bien s’exprimer dans un environnement propice et respectueux.


J’ai déjà demandé personnellement aux anciennes vedettes de Trimark de m’expliquer les raisons de leurs départs et ils ont tous été gentlemen. Au mieux on m’a répondu que la philosophie n’était plus la même. J’ai cependant su que chacun préférait une bien plus petite rémunération mais… dans une ambiance de travail agréable. Bill Kanko a déjà expliqué que s’il avait aimé oeuvrer auprès de la Trimark de l’époque Krembil c’est parce qu’il appréciait cette société au style de placement uniforme. Une réalité qui a changé avec l’intégration à Amvescap (ancien nom d’Invesco).

Tout comme ses jeunes apprentis maintenant chez Edgepoint, Bill Kanko de BlackCreek (Castlerock) apprécie grandement l’ambiance d’une plus petite société et surtout la latitude et la marge de manoeuvre!

En voulez-vous des tableaux? En v’là!