Semaine 15 : Panda Bear - Tomboy [Paw Tracks]

Publié le 18 avril 2011 par Earsofpanda


C’est au début de l’an 2009 qu’est naquit ce blog, et la première chose à faire était de lui trouver un nom. Une chose bien difficile… Pourtant, à cette époque un disque m’obsédait et m’obsède toujours. Alors qu’un nouvel album avec son groupe tout aussi talentueux pointait le bout de son nez et allait mettre à genou aussi bien les critiques que moi-même, je me préparais en réécoutant souvent ce qui restera un sommet de la décennie précédente : Person Pitch.
A l’époque, il ne m’avait pas frappé instantanément, je lui préférais d’ailleurs Strawberry Jam d’Animal Collective sortit la même année, mais avec le temps, Person Pitch n’a cessé d’aller de surprises en surprises. Avec ce son touffu et foisonnant, il révélait à chaque écoute de nouvelles facettes. Ce disque, on le doit bien sûr à Panda Bear, l’une des têtes pensantes du groupe nommé précédemment. Ainsi naquit Ears Of Panda, et accessoirement Panda Panda, le pseudo utilisé pour écrire les lignes que vous, les quelques lecteurs atterrissant sur ce blog, avez le courage de lire (enfin j’espère).
Cela fait maintenant plus de deux ans que ce blog essaie de rester en vie avec des moments plus difficiles que d’autres, ponctués aussi bien par de sérieux passages à vide que de phases de travail acharnées. Ce blog aurait pu vite tomber aux oubliettes si des artistes tel que Panda Bear n’avaient existé. Il fait partie de ceux qui vous rappellent à quel point la musique compte dans votre vie, que quelques minutes peuvent suffire à vous glisser un frisson passager au détour d’une mélodie. Il fait partie de ceux qui me font aimer la musique, qui viennent m’apporter un peu de lumières dans ces journées tristement noires ou qui tout simplement viennent me sortir de cette torpeur que nous réserve parfois la vie quotidienne.Tomboy, son quatrième album studio ne déroge pas à la règle. Encore une fois, Noah Lennox réussit à nous convier dans un voyage dont il a lui seul le secret. Dès You Can Count On Me, morceau d’ouverture qui fait écho à Comfy In Nautica, on décolle, on est transporté par sa voix toujours plus aérienne avant d’être écrasé par Tomboy qui signe un réel virage dans sa musique. Contrairement à ses précédents ouvrages, on découvre un son rêche et dissonant noyé par les réverbérations si chères à Lennox. Avec l’incroyable Slow Motion et sa rythmique tordue inspirée par le Hip-hop, ces deux morceaux laissent apparaitre une lumière nouvelle sur les travaux de Panda Bear où la guitare électrique croulée et torturée par les effets est reine. Derrière l’exigence et la complexité qu’il soumet à l’auditeur, ainsi que les risques qu’il s’applique à lui-même, on est étonnement charmé par le résultat miraculeux de cette bouillie sonore.
Passé ces deux titres, Panda Bear retourne à son amour pour les instruments électroniques qui lui avaient tant réussis sur Merriweather Post Pavilion et c’est en particulier dans ce domaine qu’il excelle. Surfer's Hymn qui porte à merveille son nom est un bijou pop où les vagues accompagnent la voix planante de Noah Lennox. Il suffirait presque de fermer les yeux pour sentir le vent et le soleil nous caresser le visage. Quand il ne compose pas des compositions à la fois grisantes et pleines de grâces, des titres plus ambiants accompagnent nos rêveries. Scheherezade par exemple, ralentit le temps et nous invite sous l’eau à contempler les fonds marins.
Comme c‘est souvent le cas chez lui et malgré les innombrables instruments électroniques et les effets utilisés, Noah Lennox signe un album en communion avec la nature. Les morceaux nous évoquent tour à tour l’océan bien sûr mais aussi une forêt vierge où le vent viendrait ébranler les feuilles des arbres. Quelque soit les nouveautés que Panda Bear vient rajouter à sa musique, il y a chez lui cet amour pour la simplicité ainsi qu’une honnêteté quasi-émouvante dans sa démarche.
Si Tomboy ne réussit pas atteindre le sommet Person Pitch faute à quelques irrégularités, Panda Bear réussit une nouvelle fois à nous surprendre aussi bien par la qualité de ses compositions que par son travail effectué au niveau du son. Pourtant et plus que jamais, Panda Bear écrit une musique sensorielle, celle qui convoque votre imaginaire, qui vous berce, qui vous fait rêver et vous fait oublier.

sortie le : 12 avril 2011