Dans quel état d’esprit préparez-vous les prochaines rentrées scolaires ?
ÉRIC DE LABARRE : Entre 2008 et 2010, nous avons rendu 4 600 emplois. En 2012, nous en perdrons encore 1 533 sur les 16 000 suppressions prévues dans l’éducation nationale. La politique de l’emploi enseignant, telle qu’elle est mise en oeuvre aujourd’hui, conduit le privé comme le public à une impasse dès 2011 et à une situation catastrophique en 2012.
Concrètement, comment cela se traduit-il dans l’enseignement catholique ?
ÉRIC DE LABARRE : Dans un certain nombre d’académies, nous ne sommes pas en mesure d’assurer la prochaine rentrée. Il nous manque une centaine d’emplois (20 à Versailles, 7 à La Réunion, 5 à Toulouse, etc.). En 2008, dans le cadre de son plan banlieue, le gouvernement nous a demandé d’ouvrir des classes dans des zones défavorisées afin de contribuer à l’égalité des chances.Mais les moyens humains qui nous avaient été accordés pour ce faire nous sont retirés. Un exemple parmi tant d’autres : nous avons créé, à Sartrouville (Yvelines), le lycée Jean-Paul-II, avec l’ouverture d’une classe de seconde en 2009 et d’une classe de première en 2010.Doit-on aujourd’hui renoncer à ouvrir pour ces mêmes élèves une classe de terminale en septembre prochain ? Ce ne serait pas juste. Cela reviendrait aussi à gaspiller les deniers publics déjà engagés dans ce projet.
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