Par moments, pourtant, on sent poindre chez Abrahamson une envie de se foutre de la poire de son héros de bas étage, ou de l'utiliser pour livrer une comédie façon Kaurismäki (auteur auquel on pense régulièrement, au détour d'un plan ou d'une tentative d'ambiance). Mais non : au mieux, Garage peut se voir comme la description du quotidien sordide des petites gens. Ceci expliquerait le fait qu'Abrahamson n'a même pas entouré son Josie de personnages secondaires capables de lui renvoyer la balle, hormis un ado relativement mutique qui vient lui prêter main forte. Génial. En fin de parcours, lorsque l'auteur décide de greffer à ces mornes paysages un semblant d'intrigue, ou du moins un petit évènement venant modifier la routine établie, c'est trop tard. Et c'est bien dommage : dans les derniers plans de Garage, il se passe enfin quelque chose. Style et sens de l'ellipse sont les atouts de ces cinq ultimes minutes malheureusement bien insuffisantes pour rassasier le spectateur.
4/10