Ouaga-Pama

Par Marjoriem

Départ de Ouagadougou vers 8h le matin, le 22 avril.

Bien contente de me rendre vers le Sud, là où, paradoxalement pour nous, il fera plus frais, bien contente aussi de quitter la capitale et sa quarantaine de degrés quotidienne pour retrouver l’océan.

Près de 8 heures et deux crevaisons (heureusement qu’Abdul, un ouagalais très sympa nous a pris dans sa jeep) plus tard, nous voici enfin sur la route de Pama, ultime ville avant la frontière. La nuit est tombée sans un souffle, mais bientôt pourtant le vent se lève. Des nuages noirs épais nous cachent les étoiles. Des éclairs illuminent le ciel, la brousse et la route par saccades. Nous voici seuls, pas un village depuis une bonne demi-heure, quand la pluie se met à tomber. Et puis, enfin, un village où nous devançons un taxi-brousse. Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à Pama. A la vue de la station essence ouverte, de ses employés refugiés sous un hangar, je ne peux m’empêcher de pousser un soupir de soulagement. C’est idiot quand même d’avoir peur, juste parce qu’il fait nuit et qu’il pleut. Les pluies ici peuvent tomber particulièrement drue et rude, aussi fort que des giboulées de mars… Devant le campement des jardins du maire, une bonne quinzaine de jeunes hommes sont affairés autour d’un tas de mangues qui seront vendues par les femmes le lendemain.

Au maquis du coin, nous rencontrons des américains volontaires peace corps. Ils ont tous été rassemblés dans cette ville en attendant que la situation s’apaise dans la capitale. Au menu, tô de bouillie de maïs avec une sauce de gombos frais ou riz gras. Ce sera un tô pour moi, bien filant et gluant à souhait. Je m’aperçois qu’il m’aura fallu plusieurs mois pour apprendre à apprécier á sa juste valeur ce plat traditionnel, incontournable de la cuisine africaine, mais qui rebute par sa consistance et son apparente fadeur beaucoup de touristes et de visiteurs occidentaux.