Dogon, si ancien, si contemporain (by Jess)

Publié le 16 mai 2011 par Lifeproof @CcilLifeproof

au Musée du Quai Branly, Là où dialoguent les cultures !
Oh combien ce musée porte bien son épigraphe.
En guise de mise en bouche, l’introduction développe les liens et les échanges inter population dans la région, on apprend étonnamment qu’ils ont toujours existés, bien avant l’arrivée des Européens.
Nous sommes happés par l’histoire et les origines des migrations des Dogon et nous pouvons franchir, comme eux cette falaise.
Après cette première étape de découverte historique nous abordons la première partie, immense salle, tel le majestueux plateau géographique qu’est le pays Dogon. S’esquisse alors une tentative sensuelle  de nous attirer, de nous attraper, de nous plaquer au sol, nous ne savons d’abord pas où aller, tout droit, à gauche, à droite, tant cette forêt est à la fois dense et immatérielle.
Très vite cependant, nous avançons ; les œuvres, principalement des statues, à l’harmonie pure, sont présentées dans des volumes protecteurs tout en transparence et brillance, dans une plastique cubique.
Le fil conducteur de cette première partie est une ligne au sol, dessinée toute en arabesque, comme un fleuve discret irriguant de ses bras les nombreuses régions et temporalités qu’il traverse.
Ce cheminement n’est pas immédiatement perceptible, difficile à suivre, tant notre regard est attiré par cette verticalité des présentations statuaires, mais cela n’en est que plus agréable !
Nous pouvons, nous devons donc, rebrousser chemin, inverser le temps, dans le bon sens.
Une particularité de ces statues concerne leur texture, je vous invite véritablement à observer, de près, de très près ces surfaces « croutées ». Essayez de comprendre, ces croutes sont étonnantes ! …Heureusement, avec un soupçon de curiosité supplémentaire vous dénicherez une petite vidéo qui, si justement, vous apportera des pistes de réflexion.


La seconde partie nous apparait alors !
Nous arrivons sur ce nouveau territoire, cette nouvelle plaine.
Face à nous, des personnages observent, sourient :
Magie des masques tout en apesanteur, en lévitation.
Leurs volumes, leurs couleurs, leurs expressions et leurs volutes nous font danser de joie.
Sans oublier les peintures rupestres qui se donnent en mouvement à notre regard.


Et nous voici hélas, déjà, dans la troisième et dernière partie.
Juste à l’entrée de cette ultime section, un montage vidéo sur les rites et coutumes enrichit judicieusement le parcours.
En vitrines, de très beaux et fascinants objets de la vie quotidienne, magico-religieux se laissent admirer, évoquant les mythes d’origines, porteurs de sacré. Un autre groupe d’éléments d’architecture amplifie en moi une belle sensation qui se renouvelle à chaque pas, à chaque regard : poulies, portes, réceptacles divers…, ne manquez surtout pas de vous plonger dans les cartels des serrures, vous comprendrez. Tant de matières sont là, tissus, bois, terre, et métaux précieux, travaillées avec maîtrise et beauté, une seule envie : toucher ces surfaces sensibles et ressentir l’interdit !
Nous nous quittons en traversant une allée bordée de Toguna (abri des hommes et cases à palabres) et en saluant la Grande statue Djennenké, chef d’œuvre de l’art Dogon, ultime offrande intemporelle révélée aux visiteurs.
Je me dois aussi de féliciter l’admirable maîtrise de l’accrochage ainsi que la finesse et la discrétion du soclage et du pattage !
En guise d’au revoir
Cette exposition, que j’ai ressentie comme un triptyque artistique et scénographique, est des plus intéressantes en ce printemps; elle donne aux œuvres et à leur histoire, une quatrième dimension, humaine presque religieuse et migratoire.
La Galerie du jardin nous a encore une fois emportée au Paradis, merci.
Cet espace temps, hors du temps, endroit rêvé pour une performance, une danse, un parcours artistique contemporain, j’en suis sur vous comblera comme il l’a fait pour moi.     


Coté pra(gma)tique :
http://www.quaibranly.fr/fr/programmation/expositions/a-l-affiche/dogon.html
Jusqu’au 24 juillet 2011 /  7 € (plein tarif) / 5 € (tarif réduit)
Musée du quai Branly
37, quai Branly
75007 – Paris
Tél : 01 56 61 70 00
mardi, mercredi et dimanche : de 11h à 19h
jeudi, vendredi et samedi : de 11h à 21h
Comment venir :
http://www.quaibranly.fr/fr/musee/venir-au-musee/musee-pratique-acces.html
RER ligne C station Pont de l’Alma (sortie Quai Branly) ou Champs de Mars / Tour Eiffel (sortie Quai Branly)
Ne repartez-pas sans avoir visité les collections permanentes !