Pendant ce temps, Fukushima…

Publié le 19 mai 2011 par Greenpeacefrance

Deux mois après la catastrophe du 11 mars, la situation n’est pas réglée au Japon. Le séisme et le tsunami survenus le 11 mars ont fait 14 949 morts et 9 880 blessés.
La catastrophe nucléaire de Fukushima a entraîné l’évacuation de plus de 85 000 personnes. Et celle-ci est loin, très loin d’être terminée. Le point au 19 mai.

Photo xtcbz (Flickr)

Tepco lève le voile, centimètre par centimètre

L’opérateur Tepco a reconnu le 12 mai que le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi avait fondu quelques heures seulement après le tsunami. Une information évidente annoncée par Greenpeace dés le 14 mars (3 jours après le début du drame). Du combustible nucléaire fondu est sorti de tout confinement sur le réacteur n°1. Le combustible est maintenant totalement hors de contrôle et de toute possibilité technique de récupération (à Tchernobyl le combustible en fusion est toujours présent sous la centrale.).

L’enchainement des évènements notamment sur le réacteur n°1 n’est toujours pas établi plus de deux mois après les faits. Hier, lemonde.fr révélait qu’une erreur humaine serait probablement à l’origine de la fusion du cœur.

De même, on a appris hier que les circuits de refroidissement de secours du réacteur n°1 (fonctionnant au diesel) se sont effectivement mis en route suite au séisme… pour s’arrêter 10 minutes plus tard. Ainsi, contrairement aux informations précédentes, ils ne fonctionnaient pas au moment où la centrale a été touchée par le tsunami, qui n’est donc pas à l’origine de la perte du système de refroidissement.

Tsunami, séismes et catastrophes naturelles ne sont donc pas les seuls facteurs de risques pour le nucléaire … l’erreur humaine reste l’un des premiers risques.

Les experts ont découvert que le niveau de l’eau autour du cœur du réacteur numéro 1 est nettement plus bas qu’ils ne le pensaient, ce qui signifie que les barres de combustible ont été entièrement exposées et que les fuites radioactives dans la chambre ont été plus importantes qu’anticipé.
Par ailleurs, autour du réacteur n°3, le niveau d’eau radioactive continue d’augmenter malgré un pompage intense de la part des autorités japonaise. C’est le tonneau des Danaïdes : les autorités sont obligés d’injecter une telle quantité d’eau pour maintenir une température acceptable qu’il est impossible par la suite de récupérer toute cette eau contaminée.

Hier pour la première fois des travailleurs ont pu pénétrer dans le bâtiment du réacteur n°3, ils n’ont pu rester que 10 minutes, la radioactivité ambiante y étant trop élevée. Le niveau relevé par les travailleurs rend quasi impossible l’injection de nitrogène dans l’enceinte de confinement afin d’éviter les explosions d’hydrogène.

Cette information vient confirmer que le calendrier prévu par Tepco , qui avait annoncé un « refroidissement total » pour janvier 2012, est illusoire.

La contamination se poursuit

Les mesures prisent par Tepco pendant les premières semaines de la catastrophe ont déjà des conséquences et des répercussions : en effet, une partie de l’eau injectée dans les cuves est perdue à cause de fuites dans les installations, tandis qu’une autre s’évapore. Conséquence : près de 90 000 tonnes d’eau fortement radioactive stagnent à divers endroits du site et doivent sans cesse être pompées…
Tepco ne peut, à l’heure actuelle, empêcher cette pollution de se déverser dans l’océan Pacifique. Le taux de césium-134 est 1800 fois supérieur à la normale dans certains échantillons d’eau de mer.

Les taux de radioactivité continuent d’augmenter. Les sols, nappes phréatiques et aliments sont toujours fortement contaminés, même à une centaine de kilomètres du site. Par ailleurs, les conséquences de la contamination de l’environnement continuent de se faire sentir. Du césium radioactif a été détecté sur des feuilles de thé récoltées dans la préfecture de Kanagawa (située à environ 300 km de la préfecture de Fukushima).

Enfin, le gouvernement a annoncé qu’il allait faire abattre le bétail dans la zone interdite de 20 km autour de la centrale soit 3 400 vaches, 30 000 porcs et plus de 600 000 poulets. Dans la province de Miyagi, 120km de la centrale de Fukushima, donc bien au delà de la zone interdite ou de celle d’évacuation, les autorités ont demandé aux 6000 fermiers de ne plus mener leur bétail au pré, la contamination en césium des sols et herbes dépassant la limite légale, pourtant revue à la hausse par les autorités.