Stalker

Publié le 22 mai 2011 par Olivier Walmacq

Genre : Anticipation

Année : 1979

Durée : 155min

L'histoire : Dans un pays incertain, dans un futur incertain. Il existe une zone interdite, dans laquelle se serait passé des évênements étranges (chute de météorite, par exemple), et que l'on surnomme la Zone. Dans cette Zone se trouverait une pièce, une chambre, dans laquelle tout serait possible. Logiquement, c'est interdit de se rendre dans la Zone, mais des hommes, surnommés les Stalkers ('rôdeurs'), se font payer pour y conduire qui le veut. C'est ainsi que deux hommes (un professeur scientifique et un écrivain en panne d'inspiration) demandent à un Stalker de les emmener dans la Zone. Et le voyage commence, un voyage dangereux, risqué...

La critique d'Alice In Oliver:

Difficile de parler de Stalker... Tout simplement parce qu'il s'agit d'un film complexe, riche et ésotérique qui risque d'en rebuter plus d'un.
Avant tout chose, Stalker, réalisé par Andreï Tarkovski en 1979, est un film post-apocalyptique et philosophique.
Voilà qui est original !

Le film est divisé en deux parties très distinctes: la première version filmée fut définitivement perdue suite à un mauvais développement des pellicules, et, un an plus tard, Tarkovski dut le retourner, pour la TV.
C'est ainsi que le film est coupé en deux parties (une partie de 60 minutes, une de 95 minutes). 
Afin de mieux comprendre les thématiques de Stalker, il est nécessaire de rappeler l'histoire.

Le Stalker, c'est le guide, le passeur qui emmène les hommes dans la Zone interdite, un endroit où les voeux sont exaucés.
Le Stalker y emmène deux hommes, l'Ecrivain et le Professeur. En prenant des risques importants, les trois personnages s'enfoncent dans un monde étrange où tout est bouleversé, où chaque objet devient menaçant.

Il s'agit en vérité d'un parcours initiatique où chaque protagoniste va entamer une longue quête spirituelle. 
De ce fait, le Stalker n'est pas uniquement un passeur d'hommes. C'est aussi un guide qui interroge l'Ecrivain et le Professeur sur certaines questions métaphysiques.


Il ne s'agit pas seulement de se rendre dans la Zone interdite mais d'amener l'Ecrivain et le Professeur à réfléchir sur leurs désirs les plus profonds. Ce qui les amène à s'interroger sur leur existence, le monde qui les entoure, leur solitude, leur propre désespoir et donc, sur l'âme humaine.
Et c'est bien de cela dont il s'agit dans Stalker.
Andreï Tarkovski décrit un monde dans lequel les hommes ont perdu tout espoir.

La Zone interdite doit être l'élément révélateur de cette humanité en péril et condamnée à sa propre perte. Or, nos deux intellectuels vont mettre à rude épreuve les convictions les plus profondes du passeur.
Stalker est donc un film très pessimiste et particulièrement sombre. C'est également une oeuvre lente, très lente.
Aussi, sera-t-il nécessaire de bien suivre les différentes réflexions des personnages en présence.
Stalker est également un film bavard. Ne vous attendez pas à voir un film bourrin avec beaucoup d'action.
Ici, Andreï Tarkovski interroge le spectateur sur un monde fantasmatique et métaphysique, la Zone Interdite étant décrite comme un territoire à la fois beau, mystérieux et hostile.
C'est aussi un endroit qui semble détenir les secrets des origines de l'humanité. Toutefois, le cinéaste ne nous en dira pas davantage sur cette fameuse zone, laissant ainsi le spectateur dans une certaine frustration.
Clairement, Stalker ne plaira pas à tout le monde.
Il s'agit avant tout d'une oeuvre intellectuelle et terriblement complexe.

Note: 18/20