Les rêves lucides

Par Doma

C'est un après-midi, dans la ville qui exporte des images paradoxales, comme les rêves:

Le hasard a voulu que ce jour une foule homogène se colle, s’agglutine le long d'un cortège pseudo-médiéval fatigant, prévisible pourtant et bruyant.

— Faut-il faire demi-tour?

_____

Il reste à s'éloigner un peu, le hasard fait bien les choses puisque hors-foire, hors-champ, hors champ de foire, un calme passe...

... et il est tout de même possible de voir ce pour quoi on est là, et qui n'est pas grand-chose.

Cela tient dans une salle.

L'extraordinaire, si l'on excepte l'absence absolue de fâcheux qui seraient ici comme dans une galerie marchande, se comportant avec leurs enfants comme ils le font chez eux ou partout ailleurs, c'est-à-dire comme aux auto tamponneuses bref, l'extraordinaire est cet ensemble de petits chapiteaux dont l'état de conservation est inouï, ils devaient être enterrés, ou quelque chose comme ça, protégés du monde, il n'y a pas de doute.

-

-

-

L’extraordinaire, encore, et qui n'était pas prévu non plus, mais fatigant, prévisible pourtant, et bruyant, l'extraordinaire est qu'au retour, les mêmes images commencent d'alimenter le rêve lucide qui vient perturber la conduite, puisque littéralement on ne voit plus rien (malgré l'auto-radio , qui balaie du mieux qu'il peut la basse continue du souvenir)

et les chimères se mettent mentalement en place, font leur boulot en quelque sorte, au fond de la rétine abusée

des personnages dérangeants qui pourraient, si l'on n'y prend garde (mais on y prend, sur la route)

se mettre à vous ressembler, théâtrale cruauté.

_____

____

___

__

_