Le petit coin des mélomanes : Les belles chansons de notre enfance N°9

Publié le 13 juin 2011 par Hongkongfoufou

Par GoudurixYZ

On a tous un banc, un arbre ou une rue
Où l'on a bercé nos rêves
On a tous un banc, un arbre ou une rue
Une enfance trop brève

 

Aujourd’hui, Rip it up and start again, par le groupe écossais Orange Juice.

Dans cette chanson le chanteur chante une chanson… Hum, non quand même. Dans cette chanson le chanteur qui la chante il… Encore raté, je recommence. Le chanteur du groupe il… Non plus. Le groupe, il s’appelle Orange Juice. Là. Ils s’appellent comme ça parce qu’à l’époque ils ne buvaient que ça. Du jus d’orange. Mouais. Moi, de l’Orange juice, c’est ce que j’ai parfois envie de faire de mon portable, C’est vrai quoi, quelqu’un pourrait un jour m’appeler pour autre chose que pour me demander quelque chose. Je sais pas quoi…

- Ca fait 10 ans que je voulais te dire que je regrette, je sais pas ce qui m’a pris… J’espère que tu ne m’en veux pas. Qu’est-ce que tu fais ce soir ?

- Heu…rien.

Hum, où en étais-je ? Ah oui. C’est vrai qu’ils pouvaient pas prévoir. La chanson, elle s’appelle Rip it up and start again. Déchire tout et recommence. C’est sûr que des fois on a tous envie de faire ça. Tout déchirer et recommencer. Mais tout déchirer et recommencer, c’est pas facile. Le chanteur il s’appelle, le chanteur du groupe qui la chante, il s’appelle Edwyn Collins. Sa chanson quand on l’écoute on comprend pas tout. Même quand on fait un effort. Bonjour les sous-entendus. Un comble pour une chanson. Au début il rencontre une fille sous la pluie. Un peu normal à Glasgow. Le problème c’est qu’il ne se passe pas grand' chose. On sait pas trop si c’est parce qu’elle lui plaît où pas. Ou si c’est parce qu’elle lui plaît et qu’il ose pas. Ou un peu des deux. C’est vrai qu’avec les filles des fois, euh… souvent, on sait pas trop. Bon à la fin il reconnaît qu’il y a des choses dans la vie qu’on ne peut pas trop exprimer. Sauf que nous c’est celles-là qui nous intéressent. Des choses confuses. Des choses diffuses. Des choses qu’on a au fond de nous. Des questions qu’on se pose. C’est souvent des trucs de filles, mais bon, justement. Du coup quand il écoute d’autres chansons, d’autres chansons que celle qu’il chante, il nous dit que ça casse pas grand' chose. Peut-être parce qu’elles parlent pas de choses diffuses et confuses. Sa préférée, c’est Boredeom du groupe de Manchester les Buzzcocks. Comme par hasard. C’est pour ça qu’à un moment il reprend deux notes du solo de Pete Shelley pour qu’on comprenne bien. Sauf que moi pendant 20 ans j’ai pas du tout compris. Bravo ! Mais bon ça y est. Ca y est pour la chanson. Pour les choses confuses et diffuses…

Là on les voit à Top of the pops. Normal, la chanson est numéro 8. Tout se passe bien mais il y a toujours quelque chose qui ne va pas dans la vie. Je sais pas qui à do ré mit 4 ou 5 majorettes dans son do qui rip it up des petits papiers pour qu’on comprenne bien. Je crois qu’on appelle ça une allégorie ou un truc comme ça. On se croirait à la télé française. C’est dire.

Edwyn Collins lui ce qu’il voulait c’est que sa musique soit le croisement de Chic et du Velvet underground. Rien que ça. Tu parles d’une histoire. On tombe toujours sur ça quand on lit un truc sur Orange Juice pour pas dire n’importe quoi après. C’est pour ça que sa guitare c’est la même que celle de Lou Reed sur la pochette intérieure du live de 69. Du coup on peut danser dessus en pensant à des trucs. Des trucs confus et diffus. Ou penser à des trucs confus et diffus sans danser dessus. C’est comme on veut et ça peut aider pour les filles. N’empêche, tout déchirer et recommencer…

Maintenant reprenons nos esprits. Juillet 2008, sur la grande scène du Summercase à Barcelone Ian Brown enchaîne les… Stone Roses. Pas obligé et peut-être pas prévu. I wanna be adored… I’m the resurrection ! C’est à se demander si tout Barcelone ne connaît pas le refrain par cœur : I am the resurrection and I am the light… Le sun shine. Je suis à Manchester ! Meilleur moment de l’année assuré. Pas de rappel, je quitte le concert en marche arrière. Je vais à la mer. A la scène qui se trouve face à la mer. Plus qu’à descendre les gradins. Je ne sais même plus qui chante. Le public est clairsemé. Le chanteur assis sur une caisse d’ampli devant son hétéroclite de groupe. Assis parce qu’il ne peut pas faire autrement. Il porte un chapeau de paille pour se protéger du soleil. Il tape dur pour lui. Il s’adresse au public l’air conditionné par ses difficultés d’élocution. Que c’est dur ! C’est Edwyn Collins. Sans son teeshirt à rayures concentriques. Concentré et pas excentrique. Ingrat que je suis, je ne me rappelais même pas qu’il avait eu deux hémorragies cérébrales pour le prix d’une… Musique ! Enfin. Miracle ! Le Raconteur balbutiant retrouve sa voix, comme par enchantement. Comme avant, comme si de rien n’était. Seule sa main gauche qui bat maladroitement la mesure rappelle d’où il vient. De loin. La fée de la musique ne l’a pas abandonné. C’est comme si vous aviez été cambriolé et qu’on vous avait laissé votre collec de disques intact. Là au milieu de la pièce déserte. Je suis sûr que I’m the resurrection là-haut parlait d’Edwin Collins. Ah,This is an old song Rip it up and start again, rip it up and start again. Rip it up and start again…