Too big to fail?

Publié le 24 juin 2011 par Aniobi

J’ai déjà fait un article sur la nouvelle bulle internet mais la récente IPO de LinkedIn a fortement relancé le débat sur les valorisations des startups du moment!

La question est de savoir si les valorisations actuelles sont justifiées et si ces entreprises dont tout le monde parle peuvent se planter. Pour rappel:

  • Zynga: 850M$ de chiffre d’affaires, 400M$ de bénéfice, valorisation estimée à 10Mds $
  • Netflix: 2Mds$ de chiffre d’affaires, 290M$ de bénéfice, valorisation estimée à 10Mds $
  • Pandora: 110 M$ de chiffre d’affaires, 1,8M$ de perte, valorisation actuelle à 2,1 Mds$
  • Salesforce:2 Mds$ de chiffre d’affaires, 120M$ de bénéfice, valorisation actuelle à 18 Mds$
  • Groupon: 800M$ de chiffre d’affaires, 400M$ de perte, valorisation estimée à 6 Mds$
  • Facebook: 2Mds$ de chiffre d’affaires, 500M$ de bénéfice, valorisation estimée à 60 Mds$

Netflix et Salesforce sont déjà entrés en bourse au début des années 2000, Pandora vient de le faire cette année et les autres devraient intégrer Wall Street dans les prochains mois.  La grosse différence par rapport aux IPOs de la « dot-com bubble » c’est que les startups en vogue aujourd’hui font du chiffre, il y a un Business Model derrière! Malgré tout, certains ratios font peur notamment dans le cas de Pandora ou de Groupon: est-ce raisonable d’être valorisé 6Mds$ quand on fait 400M$ de perte par an?

The old fashioned way

C’est absolument insensé que des entreprises avec des ratios si mauvais soient aussi bien valorisées. Les investisseurs se fondent sur une promesse et non sur des arguments rationnels pour établir leurs valos. On n’a aucune idée des résultats réels de ces entreprises et encore moins de la manière dont ils vont transformer les montants colossaux qu’ils ont levé en profits. Il y a quelques mois, on pensait que Groupon faisait 2 Mds$ de chiffre d’affaires et était rentable et on se rend compte aujourd’hui qu’ils font 800M$ de CA et 400M$ de perte!


The 2.0 way

Il faut considérer deux choses importantes: l’opportunité et les comparables.
Regardez les opportunités incroyables que présentent ces nouveaux réseaux capables de rassembler des centaines de millions de personnes au même endroit. Réfléchissez à la valeur d’une plateforme qui met en relation tous les êtres humains de la planète. Cette valeur créée ne peut être monétisée comme une entreprise industrielle classique, il faut prendre en compte cette évolution dans nos calculs de valorisation.
Ensuite, pensez aux comparables du secteur: Netflix (valorisé à 10 Mds$) est en train de tuer Comcast (cablo-opérateur dont les contenus sont fortement concurrencés par Netflix) valorisé à plus de 100Mds$, l’avenir de Salesforce (valorisé à 18 Mds$) semble plus radieux que celui d’Oracle (valorisé à plus de 150 Mds$) etc.

Je discutais de ce sujet avec un investisseur qui me disait qu’aujourd’hui ces entreprises sont « too big to fail ». Difficile de mettre la clé sous la porte quand on a levé un milliard de dollars. Pourquoi pas… mais souvenons nous de Webvan à l’époque. Est-ce toujours possible aujourd’hui?