FIV: Les traitements de fertilité causes d’anomalies chez l’enfant? – European Society of Human Reproduction and Embryology

Publié le 06 juillet 2011 par Santelog @santelog

Cette petite étude menée par le London Bridge Fertility, Gynaecology and Genetics Centre devra être confirmée mais elle nous suggère que les médicaments utilisés pour stimuler les ovaires des femmes subissant un traitement par FIV pourraient induire des anomalies génétiques chez l'embryon. Si cette étude préliminaire, présentée à la conférenceannuelle de l'European Society of Human Reproduction and Embryology, ne doit pas alarmer les couples actuellement “en FIV”, elle a suscité l'attention des experts en fertilité, car elle montre que les différences et le taux élevé d'ovocytes fécondés avec de multiples erreurs chromosomiques et les types mêmes des anomalies constatées, peuvent indiquer que la stimulation ovarienne peut perturber la méiose.


Cette étude a porté sur des ovocytes fertilisés, obtenu à partir de 34 couples en fécondation in vitro (FIV) et présentant des anomalies chromosomiques, comparables à celles identifiées chez des enfants atteints de trisomie 21. La recherche a utilisé des techniques de laboratoire pour analyser ces nouvelles anomalies et à quel stade elles étaient survenues. Les résultats suggèrent que le modèle de ces anomalies diffère de ce qui peut être identifié lors de conceptions naturelles.


Les embryons anormaux peuvent réduire le taux de succès du traitement de fertilité et entraîner une détresse due à une fausse couchevoire à un renoncement. Par conséquent, il est important que cette étude, même limitée soit poursuivie pour vérifier s'il existe un risque accru d'anomalies chromosomiques avec les traitements de fertilité, et comment cela peut être évité.


Un nombre de chromosomes anormal, est une cause majeure de fausse couche: Les chercheurs expliquent que quel que soit le mode de conception, l'embryon ayant des chromosomes trop peu nombreux (l'aneuploïdie chromosomique) ou trop nombreux est une cause majeure de fausse couche et d'anomalies fœtales. Le risque de ces anomalies est renforcé avec l'augmentation de l'âge de la mère. Les anomalies chromosomiques signifient fréquemment que l'embryon ne peut survivre mais toutes les anomalies chromosomiques ne sont pas fatales à l'embryon et peuvent être responsables de trisomie 21, par exemple. Les chercheurs émettent l'hypothèse que la stimulation ovarienne au cours de la FIV pourrait perturber la formation normale des ovocytes, ce qui pourrait accroître la probabilité de ces anomalies chromosomiques. Parmi les couples qui participaient à cette étude, 31 avaient accepté de le faire parce que la femme était plus âgée (35 ans ou plus) tandis que 3 autres couples avaient un risque accru car la mère était porteuse d'anomalie chromosomique. Les chercheurs ont fécondé les ovocytes des femmes en leur injectant du sperme (ICSI), puis ont récolté deux petites cellules qui sont des sous-produits de la formation de l'ovocyte mature, appelés les corps polaires, qu'ils ont analysés. Si les globules polaires contiennent un nombre anormal de chromosomes, cela indique que l'ovocyte mature serait également dans le même cas, conduisant alors les chercheurs à tester l'ovocyte fécondé pour confirmation.


Les chercheurs ont identifié 105 ovocytes fécondés avec un nombre anormal de chromosomes. Les chercheurs ont analysé 2.376 chromosomes parmi lesquels 227 chromosomes (9,5%) comportaient une anomalie survenue lors de la formation de l'œuf. Ils constatent qu'un peu plus de la moitié des anomalies chromosomiques (55%, 125 erreurs) est survenue au moment de la première division des ovocytes (méiose I), et 45% (102 erreurs) au moment de la seconde division (méiose II). Dans 48 cas, une erreur produite lors de la première division avait été corrigée durant la deuxième division.


Les chercheurs concluent que les erreurs chromosomiques constatées chez ces femmes en FIV sont sensiblement différentes de celles constatées lors d'une conception naturelle. Dans la plupart des cas de trisomie 21 qui se produisent après une conception naturelle, l'erreur se produit dans la première division de l'ovocyte, ce qui n'était pas le cas dans les ovocytes fécondés analysés dans cette étude.


Les chercheurs disent que ces différences et le taux élevé d'œufs fécondés avec de multiples erreurs chromosomiques peuvent indiquer que la stimulation ovarienne peut perturber la méiose.


Source:ESHRE 27th Annual Meeting Stockholm, Sweden, 3-6 July 2011 (Visuel NHS)


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