** La poussière des corons / Marie-Paul Armand

Par Essel

Roman historique - roman du terroir
Publié en 1985

En mémoire des mineurs

Née le 1er janvier 1900, Madeleine, fille de mineurs, raconte toute sa vie passée jusqu'aux années 1960 dans la poussière des corons du Pas-de-Calais, ses joies comme ses malheurs marqués par l'histoire, ayant connu les deux guerres, les grèves successives, les acquis du Front populaire, les éboulements et les coups de grisou...

Pas question de bouder mon plaisir !
Vous l'aurez compris, ce thème m'est cher, ce qui m'a conduite à lire ce roman du terroir, agréable à lire et terriblement émouvant, pétri de bons sentiments

Voilà un beau roman qui nous apprend, avec un grand souci d'exactitude historique, beaucoup de choses sur les conditions de vie des mineurs de ma région natale, durant toute la première moitié du siècle dernier,
et un peu au-delà.

Je vais même vous avouer, une fois n'est pas coutume, qu'il m'est même arrivé à quelques occasions de m'identifier à l'héroïne, en particulier lorsqu'elle était encore à l'école :
"Je me découvris aussi d'une timidité maladive. En classe, j'avais peur de répondre. Bien souvent, alors que je connaissais parfaitement la réponse, je n'osais pas lever le doigt pour la donner. Je voulais le faire, mais, en même temps, un sentiment proche de l'angoisse, que je ne pouvais m'expliquer, me l'interdisait. Je préférais encore passer pour une ignorante." (p. 48-49)

Etant première de la classe,
"je me rendis compte que (des) élèves (...) en étaient jalouses. Elles se mirent à me persécuter, à me bousculer dans la cour pour me faire tomber (...). Je supportais tout, ne disais jamais rien, et elles recommençaient de plus belle, sûres de leur impunité parce que sachant bien que je ne les dénoncerais pas. Leur persécution finissait par me gâcher la vie, et j'appréhendais leur méchanceté." (p. 49-50).
Malheureusement, il n'y eut jamais pour moi de dénouement heureux !


Pocket, 2006. – 506 p..
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