Bénévolat pour personnes âgées une fontaine de jouvence

Publié le 18 juillet 2011 par Raymondviger

Personnes âgées et le bénévolat

LE BÉNÉVOLAT: FONTAINE DE JOUVENCE

À 76 ans, pour André Paradis de Bromptonville, le bénévolat est une fontaine de Jouvence.

Dominic Desmarais   Dossiers Bénévolat, Personnes âgées

Familles monoparentales, pertes d’emplois, population vieillisante …

Avec les besoins d’aujourd’hui, il est triste de voir des retraités qui ne s’impliquent pas, déplore André Paradis, 76 ans, bénévole de toutes les causes.

L’homme respire la bonté. À l’image de l’endroit ou il se trouve: l’église de Bromptonville. Petite boule d’énergie, André Paradis ne fait pas ses 76 ans. Entre ses activités bénévoles, il nage, court, pédale, s’occupe de ses 4 enfants, 8 petits-enfants et 3 arrières-petits-enfants…

J’ai encore le gout des défis Je suis en forme physique et mentale, raconte-t-il d’un ton qui ne laisse aucun doute sur sa sincérité.

Le don de soi, M. Paradis connaît. Depuis sa tendre enfance. L’heure de la retraite, pour cet homme engagé, n’a pas sonné.

La messe est terminée, l’église est vide. Directeur de la chorale depuis plus d’un demi-siècle, M. Paradis se laisse bercer par le murmure de l’orgue, seul bruit qui perce ce dimanche matin ensoleillé. La bonne humeur contagieuse, ce jeune de cœur puise dans ses mémoires.

Familles de bénévoles

Je suis né dans une famille ou le bénévolat était très fort. Ma grand-mère a été organiste 50 ans dans cette paroisse. Mon grand-père était directeur de la chorale. Quand j’ai commencé l’école, à 7 ans, je connaissais toutes le réponses en latin pour servir la messe. Je ne savais pas ce que je disais! lance-t-il, amusé.

À 13 ans, il chante les messes sur semaine. Ça fait 69 ans que je suis au service de l’église. Je chantais à l’année, 6 jours par semaine, 3 messes tout les matins.’ N’allez surtout pas lui dire que c’était beaucoup demander à un jeune de cet âge.  »J’aimais ça », avoue avec candeur celui qui a dirigé, l’hiver dernier sa 55e messe de minuit.

Il y a 27 ans, M. Paradis fonde les Chevaliers de Colomb à Bromptonville pour venir en aide aux plus démunis de la région.

Il n’y avait pas de mouvement pour aider les gens dans le besoin, les familles monoparentales, les gens qui ont tout perdu dans un incendie…

M. Paradis reprend à peine son souffle.

Entre Noel et le jour de l’An, on reçoit les familles avec les enfants, une centaine de personnes, au local des Chevaliers de Colomb. On invite à souper avec le Père Noel. On donne du linge d’enfants, des jouets réparés. Les familles repartent les bras pleins. Quand on est témoin des pleurs de ces gens quand il reçoivent, c’est touchant.

Sous ses lunettes, ses yeux s’illuminent.

Ça fait partie de moi, le bénévolat, C’est naturel. Je trouve bien triste de voir des gens à la retraite qui prennent un café dans un centre d’achat, qui ne s’impliquent pas…, sermonne le bénévole.

Infatigable, M. Paradis poursuit sa quête. Ses causes servent ses valeurs chrétiennes.

Beaucoup de familles ne célébraient pas Noel comme les autres, faute d’argent. Alors on a parti les paniers de Noel. Ça fonctionne tous les ans depuis 27 ans.

Église rasée par le feu

Il y a près de 25 ans, l’église est rasée par le feu. On lui demande alors de présider la campagne de souscription.

L’objectif était de 450,000 $. On a dépassé le million. Juste par de la sollicitation. J’ai rencontré les médias. J’ai eu de la publicité gratuite. L’argent venait de partout, De Thetford Mines, Sherbrooke, des gens ayant déjà habité Brompton…

Fort de son succès. et de ses 28 ans passés à la tête de la compagnie d’assurances La Métropolitaine de Sherbrooke, on lui demande de siéger au conseil de la Fondation de Monseigneur Jean-Marie Fortier.

J’ai toujours été sollicité. Je suis le dépanneur ici! Le ton est à la blague.

Cet ancien conseiller municipal repart de plus belle.

Pour moi, c’est naturel donner du temps. J’aime ça, je ne suis pas près d’arrêter. Si tu veux demander un service, demande-le à quelqu’un d’occupé. Celui qui ne l’est pas, il n’a pas le temps de te rendre service!

La mélodie de l’orgue s’interrompt. Le ton redevient sérieux.

Les besoins d’aujourd’hui sont grandissants. Avec les familles monoparentales, les pertes d’emplois, le vieillissement de la population, je souhaite qu’il y ait de plus en plus de gens prêts à faire du bénévolat à partager leur expérience, pour soulager la misère qu’il y a autour de nous. Faire du bénévolat, c’est valorisant.

À regarder M. Paradis, 75 ans passés, le bénévolat aurait-il aussi des effets rajeunissants?

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