Un camion accidenté abandonné depuis un mois à un virage à Mbankomo

Publié le 21 juillet 2011 par 237online @237online

Écrit par Cameroon Tribune   


L'air hagard, le regard perdu, Albert Dawe a plus que du vague à l'âme. Pratiquement depuis un mois que ce jeune Tchadien est plongé dans le cauchemar.
Il se souvient non sans amertume cette nuit fatale du 26 juin dernier, au petit matin, lorsque le camion dans lequel il se trouvait, une semi-remorque immatriculée 18S 2545 A venant de Douala pour N'djamena, s'est retrouvée impliquée dans un carambolage effroyable à la sortie de Mbankomo. Aux premières heures de la journée.
Violemment percuté à l'arrière par un autre gros porteur, le camion transportant une importante cargaison de fer à béton s'est retrouvé en suspension sur des glissières en béton installées quelques mois auparavant sur le côté gauche de la chaussée. A l'entrée d'un virage peu avant la station de pesage de Nomayos. Au bout des courses, quatre véhicules lourds endommagés, dont deux se retrouveront dans un ravin. Provoquant la mort de deux personnes. Deux frères.

Depuis lors, le quotidien d'Albert Dawe est fait de tristesse, de morosité, d'incertitude, de désespoir. Une véritable détresse. Trouver sa pitance quotidienne relève déjà de la gageure. Mais encore, il ne sait pas quand, ni comment va se poursuivre le voyage vers son Tchad natal. Son avenir immédiat est lié, en effet, à ce camion fortement amoché qui semble n'intéresser plus personne. Bien que représentant un danger manifeste pour les usagers. Le propriétaire du véhicule joue aux abonnés absents. La mairie de Mbankomo n'est pas outillée pour enlever l'épave. La brigade de gendarmerie locale non plus. Le chef de cette unité, l'adjudant-chef Calvin Ndefeli, avoue son impuissance sur le dossier. Et renvoie poliment à sa hiérarchie. Sans plus.

Le ministère des Transports ? Une source responsable indique qu'il n'existe pas de réglementation spécifique en la matière. Tout en confiant qu'une étude est en cours en vue de combler ce qui apparaît comme un vide. Afin de trouver une solution à l'épineux problème d'enlèvement des épaves sur les principaux axes routiers du pays. Notre source conseille de se rapprocher du ministère des Travaux publics qui devrait répondre, à l'en croire, dans le cadre de la protection du patrimoine routier relevant de ce département ministériel. La responsabilité de l'état de choses actuel ? Personne n'entend la porter. En attendant, que de vies exposées autour du camion sinistré !

D'autant que la plupart des automobilistes qui passent par ici ont tendance à écraser l'accélérateur. Malgré une chaussée fortement rétrécie. Attention, danger !