Au lucernaire, Arnaud Denis sombre dans la folie avec brio...

Publié le 04 août 2011 par Fousdetheatre.com @FousdeTheatre

Le travail du jeune homme ne vous est probablement pas inconnu. Peut-être avez-vous assisté au succès de "Ce qui arrive et ce qu'on attend" la saison passée, ou au véritable triomphe des "Femmes Savantes" il y a deux ans, spectacles dont il a signé les mises en scène. 

 Cet été, alors que d'aucuns s'escriment en vain à faire revivre dans la capitale de vieux boulevards poussièreux et éculés, Arnaud Denis s'est emparé de solides textes classiques ou contemporains ayant trait à la folie et les incarne remarquablement. 

La "Lettre d'un fou" de Maupassant, les "Mémoires d'un fou" de Flaubert, les "Chants de Maldoror" de Lautréamont, quelques poèmes de Michaux, un extrait du "Richard III" de Shakespeare, ou encore deux textes de Karl Valentin permettent au comédien de composer et de faire évoluer sur le plateau du Lucernaire un personnage border-line, dérangé et dérangeant, évoquant tour à tour ses souffrances (hallucinations, paranoia...) développant aussi une terrible diatribe (Flaubert) sur le genre humain qui aurait presque pu être développée par quelqu'un de sensé.

Toujours subtil dans ses propositions, d'une extrême sincérité, Arnaud Denis va loin, très loin, dans la folie. Il ouvre le spectacle en anglais, incarnant un être torturé par ses visions qui l'inscitent à découper son interlocuteur, il le conclut avec l'amusante chanson de Francis Blanche "Ca tourne pas rond" qui aurait plutôt tendance ici à nous glacer le sang. Entre les deux un étonnant voyage dans les affres de l'âme humaine dont personne ne sortira vraiment indemne et qui vaut le déplacement.

Les textes sont passionnants. Le comédien maîtrise sont art à la perfection. C'est brillant.


Photos : Lot