Monkey 3

Publié le 07 août 2011 par Lordsofrock @LORDS_OF_ROCK

POST-STONER - Si nous avions droit qu’à une petite ligne de texte, nous résumerions l’énigme Monkey 3 avec une équation : stoner + post-rock = post-stoner. Ce néologisme n’est d’ailleurs pas usurpé car ces lausannois, intronisés fils du désert, naviguent aisément entre les riffs lourds et crasses d’un Kyuss et une musique plus techniciste et épurée à la Russian Circles. Il confirme surtout que les bords du Léman sont un endroit où il fait bon vivre pour faire du bon rock. Après un EP (UNDERCOVER) agrémenté de présences vocales, dont celle du légendaire John Garcia, les Monkey 3 en reviennent à une musique purement instrumentale avec ce BEYOND THE BLACK SKY, qui est une magnifique réussite architecturale. Chronique.

« Planant », « inquiétant », « hypnotique », « lourd » : les qualificatifs fusent à la première écoute de cet opus où les atmosphères s’entremêlent dans une musique complexe mais jamais compliquée, toujours intelligible. Ça bouillonne dès les premières secondes du "Camhell" introductif : un véritable combat musical augmenté de subtiles sonorités électro. Après avoir enchaîné les montées et les descentes, jusqu’à l’explosion finale, on en ressort vanné, mais heureux. Dans une même trempe « post-quelque chose », "One Zero Zero One" confirme que la construction est soignée et que les gars de Monkey 3 font preuve d’une certaine maîtrise technique et instrumentale, plus poétique que du code binaire. Ce constat est poussé encore plus loin avec "Black Maiden", une épopée de neuf minutes. Tout s’apaise avec le son plus acoustique de "Tuco the Ugly", pour repartir de plus belle avec un "K.I.", tout en tension et en distorsion, et un "Motorcylce Bear"  plus métallique. Après "Gate 57", BEYOND THE BLACK SKY  se termine en apothéose avec "Through the Desert" : une magnifique fresque qui nous envoie aux confins d’un monde post-apocalyptique.

De manière propre et clairvoyante, Monkey 3 mélange ainsi à merveille les ambiances dans un univers dantesque. Cet album est une réussite de maîtrise, qui n’enlève rien à nos émotions. Le résultat en live, qui s’annonce déjà massif, sera à découvrir le 23 septembre au Nouveau Monde de Fribourg.


Ecrit par Jonathan Massonnet - Le 07 aoû 2011