Cupcake Mania 3 : gourmandises régressives façon madeleine de Proust

Publié le 10 août 2011 par Misszigouzis @MissZigouzis

Quand tout semble nous échapper (crise économique, poids des responsabilités…) on éprouve un besoin de « réassurance » qui prend souvent la forme d’une piqûre de rappel de l'enfance, cette période protégée où on se sentait à la fois libre et en sécurité.


Les retours à la scène incroyables de Chantal Goya et de Dorothée ont sans doute été les premiers signes de cette tendance régressive qui s'installe depuis quelques années dans la création, de la bijouterie fantaisie à la déco en passant par la cuisine…

Et comme il n’y a aucun de mal à se faire du bien, Zigouzis apporte tous les ans – au moment quelque peu morose de la rentrée – sa petite contribution en proposant une vitrine de trouvailles tout aussi gourmandes qu’hypocaloriques.

Dès le 23 août 2011, la 3ème Cupcake Mania vous permettra de choisir votre madeleine de Proust* dénichée auprès de petits créateurs ou de fabricants inventifs.

Bijoux, gloss, savons bio, magnets, bougies, badges et accessoires dépourvus de banalité s'y déclinent sous forme de cupcakes, de macarons, de donuts et de whoopie pie.

Alors, grâce à quoi allez-vous bien pouvoir régresser ?

« (…) à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu’elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. (…)

Et tout d’un coup le souvenir m’est apparu. Ce goût, c’était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l’heure de la messe), quand j’allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m’offrait après l’avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m’avait rien rappelé avant que je n’y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d’autres plus récents; peut-être parce que, de ces souvenirs abandonnés depuis si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s’était désagrégé; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel sous son plissage sévère et dévot - s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. (…) »