Evaluer votre performance RSE avec l’ISO 26000

Publié le 22 août 2011 par Sequovia

Après 5 années de réflexion et d’âpres négociations, la norme ISO 26000 a été publiée le 1er novembre 2010, suscitant au passage, un vote consensuel de 92 pays. Son objectif ? Assurer la cohésion et la promotion des pratiques de la Responsabilité Sociétale dans le monde ? Comment ?
En délivrant une définition univoque, 7 principes concrets et 7 questions centrales étayées par 36 domaines d’actions à prendre en compte pour mieux répondre aux enjeux du développement durable, et donc construire ou améliorer sa démarche de Responsabilité Sociétale, que l’on soit entreprise, association, administration ou collectivité.

La  publication de la nouvelle norme a dans un premier temps généré plus de scepticisme que d’enthousiasme. Pour certaines entreprises, et notamment les plus grandes, déjà largement engagées dans des politiques RSE dans la mouvance de la loi NRE, elles n’ont pas vu son utilité ; qu’allait-elle leur apprendre alors même que leur reporting RSE  bénéficiait, pour nombre d’entre elles, d’un A+ GRI.  Pour les autres, l’absence de certification vidait de son contenu cette norme devenant par là même une « norminette » sans grand intérêt. Ah, le poids des habitudes ! 

Oui bien sûr, l’ISO 26 000  n’est pas une norme de système de management, elle ne sous-tend aucune conformité aux exigences d’une norme ; elle annonce une nouvelle génération de norme qui définit  un cadre de référence vers lequel tendre, dans le respect de ses principes directeurs. Elle définit, dans le monde entier, un nouveau modèle de gouvernance des organisations privées et publiques (quel que soit leur taille et leur activité). Néanmoins, elle implique tout autant la notion d’amélioration continue, pour autant qu’elle ait donc fait l’objet…d’une évaluation.
 

  • Evaluer sa performance RSE grâce à l’ISO 26000

L’évaluation est la pierre angulaire de la norme ISO 26000. Pour s’en convaincre, il suffit de constater le nouvel attrait qu’elle suscite désormais dans les  entreprises déjà engagées dans des démarches RSE, qui voient en elle la possibilité d’évaluer leur maturité RSE en complément des notations GRI et celles accordées par les agences de rating. Attrait également suscité par la mise en marché d’offres d’évaluation des démarches RSE fondées sur les lignes directrices de l’ISO 26000 que proposent les entreprises de contrôle et d’évaluation SGS, Bureau Veritas et AFAQ. Ces entreprises ont bien compris que le vide certificatif  de l’ISO 26000 pouvait être comblé par la délivrance d’évaluation dont la pertinence était garantie et légitimée par leur expertise.  Ce faisant, toute entreprise désireuse de pouvoir communiquer son niveau de performance RSE, afin d’en attester la pertinence auprès de leurs parties prenantes, pourra désormais le faire en utilisant les résultats obtenus avec tel ou tel certificateur, les évaluations ayant été packagées et marketées à cette fin. 

Reste que ces évaluations n’intègrent pas une analyse pointue des parties prenantes de l’entreprise ; la cartographie des parties prenantes semble être une véritable préoccupation des entreprises matures en matière de RSE. N’oublions pas que la transparence et la redevabilité compte parmi les 7 principes de la RSE selon l’ISO 26000 et que le dialogue avec les parties prenantes constitue au même titre que l’identification de la Responsabilité Sociétale, l’une des deux pratiques fondamentales de la RS selon la norme.

Quelques entreprises de conseil, notamment Sequovia Conseil avec son diagnostic RSE Sequodiag 26000, proposent également des évaluations construites sur les principes directeur de l’ISO 26000. Elles pourront être également utilisées pour évaluer la performance d’une démarche mise en place depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, mais n’offriront pas le même avantage marketing que les évaluations proposées par les entreprises de contrôle et d’évaluation. Les évaluations proposées par les cabinets de conseil RSE sauront trouver plus sûrement un auditoire auprès des entreprises désireuses de se lancer dans une démarche RSE, par conviction ou nécessité, que ce soit pour répondre aux obligations réglementaires et notamment celles de la loi Grenelle 2, ou pour satisfaire aux doléances de leurs clients, entreprises, administration ou collectivité.
 

  • Construire sa démarche RSE en évaluant son potentiel

Quand on parle de développement durable, certains dirigeants d’entreprise tel ce bon Monsieur Jourdain, pourraient être tentés de déclarer que le développement durable, ils en font depuis des années sans s’en rendre compte et sans le dire. Raccourci un peu facile, même si finalement, beaucoup d’entreprises ont des bonnes pratiques à faire valoir en matière économique, sociale et environnementale. S’il faut considérer que  la somme de bonnes pratiques ne vaut pas stratégie, encore faut-il être en mesure de les identifier. Comment le faire, avec quelle méthode et avec quel référentiel ? Avec l’ISO 26000 bien évidemment ! Certaines observateurs ont évoqué que la norme était complexe, beaucoup trop complexe pour être notamment appliquée aux PME. On voit d’ailleurs quelques initiatives pour rendre l’ISO 26000 accessible aux « non-initiés » ; citons à ce titre les guides de la CGPME et de Normapme. Ces supports constituent des introductions pertinentes à la compréhension des champs couverts par l’ISO 26000, mais ne délivrent pas de mode opératoire et encore moins de grille d’analyse. Passer au crible des lignes directrices de l’ISO 26000, sa gouvernance et l’ensemble de ces process et pratiques opérationnelles et fonctionnelles avec un diagnostic réalisé à cette fin, semble constituer pour les entreprises, le meilleur moyen de construire une politique RSE sur des bases fiables en évitant toute surenchère passible d’être assimilée à du greenwashing.

Evaluer sa démarche en cours, comme évaluer sa stratégie, ses process et ses pratiques pour construire sa politique RSE, grâce à l’ISO 26000, sont deux éléments majeurs à prendre en compte pour crédibiliser la démarche de Responsabilité sociétale de son organisation, qu’elle soit privée ou publique. Finalement, le meilleur certificat que l’on puisse obtenir  en matière de RSE, c’est l’adhésion des parties prenantes au rapport RSE que l’on publie, que l’on soit assujetti ou non, à l’article 225 de la loi Grenelle 2.

Bertrand Desmier – bdesmier@sequovia.com