Stromae : L'interview

Publié le 03 septembre 2011 par Notsoblonde @BlogDeLaBlonde

En juillet dernier, j'ai eu la chance d'assister à la conférence de presse donnée par Stromae à l'occasion de son passage au festival des Francofolies 2011 où il arrivait juste après être passé (la veille) aux vieilles charrues.

Vraisemblablement détendu, l'artiste confie être un peu anxieux, notamment parce que la météo peu clémente (alors qu'il a fait très beau temps depuis le début du festival il s'avère qu'il pleut BEAUCOUP pour ce dernier jour) va imposer un usage restreint des écrans qui animent l'arrière de la scène habituellement.

Heureux d'être présent, Stromae insiste sur le fait que si son morceau "alors on danse" a rencontré un incroyable succès populaire, il est avant tout présent ce soir là sur scène pour défendre  son album, Cheese, avec tous ses musiciens et que ce sera là le vrai défi de ce soir :  Emporter le public sur l'ensemble des morceaux qu'il interprètera.

Partager la scène avec David Guetta et Martin Solveig, ça l'impressionne?

Oui, un peu. Il avoue respecter beaucoup le travail de ces deux musiciens et aussi être bien content de "passer avant plutôt qu'après" le monstre sacré (David Guetta). Il souligne aussi au passage son plaisir d'être programmé sur cette soirée consacrée à la musique électronique, lui qui pose un texte sur cette musique.

Comment compose t'on des textes pour de la musique électronique?

Avant de répondre, l'artiste en profite pour rappeler qu'il est issu du rap et que son flow s'en est beaucoup inspiré. Pour lui, la voix doit apporter une musicalité supplémentaire :  Il n'a pas l'impression de slammer c'est à dire de déclamer de la poésie avec simplement "de la musique derrière". Selon lui la musique qu'il défend est un tout et la voix participe activement à ce tout.

Plaquer du rap sur de la musique électronique selon lui ça n'a rien de nouveau et il conteste gentiment le fait qu'on lui en attribue la paternité. Il évoque Kanye West bien sûr qui l'a fait avant lui mais parle aussi pêle mêle de Kid Cudi ou de Technotronic (pour faire un clin d'oeil à son pays). Il reconnait qu'il a peut être apporté un "élément chanson" dont il a commencé à prendre conscience après qu'il ait remarqué qu'on le comparait de façon récurrente avec Gaëtan Roussel. 

Après ses collaborations récentes (on pense notamment à celle avec Jamel, qui a fait le buzz cette année), songe t'il à d'autres projets de ce genre qui vont au delà de la musique?

Il explique actuellement défendre son premier album sur scène ce qui lui prend du temps, préparer le second aussi mais confesse qu'il aimerait beaucoup se diriger vers le cinéma, plus tard, pour jouer la comédie ou même réaliser. 

Y'a t'il des reprises qui le tenteraient?

Bien sûr on songe à Brel mais il dit s'y refuser (dans un sourire :"trop attendu"), il nomme Arno qu'il reprend déjà en concert (Putain, Putain) et avoue plutôt aller vers ce qui fait sa culture, une chanson plutôt populaire.

Et sinon qu'écoute Stromae chez lui pour se détendre?

Agnès Obel, découverte récemment, James Blake aussi, très belle leçon musicale et surtout très belle "leçon de son",  et Mumford and Sons.

Après l'interview, alors qu'il est pourtant très demandé, Stromae prend le temps de se poser pour échanger quelques mots. Incontestablement disponible et souriant, accessible et prêtant attention à chacun de ses interlocuteurs, on découvre derrière l'artiste un homme touchant, posé et apaisant qui quelques heures plus tard, pourtant, mettra le feu à la grande scène sous une pluie battante, devant un public déchainé qui abandonnera bien vite les parapluies pour se laisser gagner par la folie de ce dancefloor improvisé, en toute liberté. 

Grandiose.

Toutes les infos sur l'artiste et sa tournée, ses projets, sont à retrouver ici.

Propos recueillis en conférence de presse, à La Rochelle, le 16 juillet 2011.

Propos retranscrits par NotSoBlonde.