Vive la coupe du monde!

Publié le 12 septembre 2011 par Manuelmarches
  Bon, ça y est, on y est. Voilà la compétition bien lancée avec déjà des matchs passionnant par l'intensité que chaque équipe met. A la vue des matchs du Japon , des USA ou de la Roumanie, ou des oppositions serrées entre l'Argentine et l'Angleterre , et les Pays de Galles et L'Afrique du Sud, on peut s'interroger sur la pertinence des traditionnels test-match de tournée, ces matchs donnant des résultats très incohérents le plus souvent entre les équipes européennes et celles de l'hémisphère sud. Ce n'est pas le sujet mais ça me tracasse.
  Il reste que toutes ces oppositions ont tout de même fini par respecter la hiérarchie habituelle entre hémisphères et entre équipes des deux tournois majeurs que sont les VI nations et le tri-nations et ... les autres. Espérons que les surprises finiront par arriver car ce sport en a besoin pour sa popularité.
 
 Pour les français, le démarrage est poussif. Je signalerai pour commencer la prestation moyenne de Romain Poite, seul arbitre français de la compétition, qui n'a pas cru bon de signaler à son collègue de champ également distrait, le magnifique placage sans ballon anglais des dernières minutes d'Argentine/Angleterre, qui enlevait toute chance aux argentins de gagner ce match, après l'essai anglais consécutif à une faute imaginaire du centre argentin, placage dangereux que je ne comprends pas, mais alors pas du tout.
  Pour ce qui est des bleus, ce fut aussi très poussif. Après une entame convaincante sur l'envie et l'engagement, notre XV a progressivement disparu du combat collectif sans avoir jamais montré d'ambitions offensives réelles , si ce n'est sur cette combinaison qui a propulsé Estebanez dans l'intervalle au début du match. L'interception de Trihn-Duc, comme à Dublin, a rendu trop facile la maitrise du tableau d'affichage, et les travers français qui n'ont pas besoin d'être encouragés ont réapparu aussitôt, engagement minimum, attentisme défensif.
  Je me souviens parfaitement du match Japon/Fidji de 2007 à Nantes , je crois, qui reste avec l'inoubliable Galles/Fidji un des meilleurs matchs de cette compétition. Les japonais avait montré une compréhension avancée du rugby de haut niveau, et s'était incliné de quelques points seulement au terme d'une rencontre magnifique de bout en bout. Ils avaient notamment été capable de tenir le ballon 3'50s au-delà de la sirène pour espérer marquer un essai qui leur aurait donné la victoire. Ils avaient d'ailleurs eu droit avec leurs adversaires à une standing ovation de plusieurs minutes. Sachant aussi que leur championnat domestique a la réputation d'être d'un niveau très correct, je n'ai pas été surpris de les voir à ce niveau. Il faut d'ailleurs reconnaitre que sur le plan du jeu, ils ont remporté ce match, alliant conservation et vitesse beaucoup mieux que l'équipe de France.
On se consolera donc en se disant que l'adversaire n'était pas si mauvais que ça. Mais pour autant, pas de quoi se rassurer. On attends vainement que cette équipe déploie son potentiel, et montre un peu d'ambition offensive. Faudra-t-il une fois de plus que nous soyons la peur au ventre pour voir le vrai visage de ces joueurs? Peut-être, et il est sûr, hélas, qu'une accession aux demi-finales suffirait à la plupart des français pour considérer cette compétition comme réussie, mais en tant qu'amoureux de ce sport, je suis frustré de ne pas pouvoir me réjouir de voir les bleus en action un peu plus souvent. Je suis aussi inquiet de penser qu'il pourrait n'y avoir aucun réveil, et que l'absence de jeu que nous voyons depuis l'avènement de ce staff soit finalement la triste réalité.
  Rien d'original donc dans cette analyse aujourd'hui mais je dois dire que cette compétition me réjouit. J'ai pu ainsi échapper aux excessives commémorations du 11 septembre 2001, qui semble passionner surtout les journalistes. Alors vive la coupe du monde de rugby!