Gusse, le plus Québécois des gardiens français

Publié le 16 septembre 2011 par Masterfuneral

Né en France, mais ayant grandi à Terrebonne, le gardien Robin Gusse a toujours été un peu à part des autres. Français, peut-être trop. Québécois, mais pas assez. Or, il a la double citoyenneté.
En début de semaine, à son arrivée au camp des recrues des Canadiens de Montréal, le jeune homme de 18 ans a vécu une autre forme d'injustice au moment de pénétrer dans le vestiaire.
«Je cherchais mon nom partout à l'endroit des casiers et je ne le trouvais pas», a raconté Gusse, amusé.
Son cochambreur (Olivier Fortier) lui a finalement pointé sa place: une chaise dans le coin du vestiaire.
«C'est probablement parce que je suis le plus jeune des gardiens», a noté l'athlète, avec humour.
Si la situation est anecdotique, elle montre néanmoins que Gusse constituait l'invité-surprise de ce camp des recrues.
En quelque sorte, sa mise à l'écart était aussi le reflet du chemin qu'il a parcouru. Gusse avait neuf ans lorsqu'il est arrivé au Canada avec sa mère Christine et sa sœur Mélody. Déjà, il avait joué un peu au hockey en France et adorait ça.
«J'étais jeune et, à l'époque, la décision de venir au Québec n'avait rien à voir avec le hockey. L'aréna où je jouais à Anglet était situé tout près de la plage. La culture tournait plutôt autour du surf. Honnêtement, sans le déménagement, je ne crois pas que j'aurais pu développer mon talent au hockey.»
La route n'a toutefois pas été facile. Au départ, au sein du hockey mineur québécois, certains entraîneurs le mettaient de côté. Il était le Français qui n'avait tout simplement sa place.
«Robin a dû se battre quand il était jeune, parce qu'il n'était pas Québécois, a expliqué sa mère. Aujourd'hui, il est intéressé à représenter la France dans certaines compétitions internationales, mais on lui dit qu'il ne peut pas puisqu'il vient du Canada.»
Contre vents et marées, Gusse poursuit donc sa carrière. Ignoré lors du récent repêchage de la LNH, il profite maintenant d'une chance inespérée avec les Canadiens. D'autant plus qu'après le camp des recrues, il participera au camp d'entraînement officiel et côtoiera notamment Carey Price, avec qui il se retrouve dans la même formation pour les matchs intra-équipe.
Un admirateur de Cristobal Huet
Échangé des Saguenéens de Chicoutimi aux Huskies de Rouyn-Noranda pendant l'été, Gusse reconnaît qu'un début de saison difficile, l'an dernier, a considérablement nui à ses chances d'être repêché dans la LNH dès sa première année d'amissibilité.
«Mon objectif est évidemment de faire la LNH, mais je ne suis pas pressé, a-t-il ajouté. Je compte prendre tout le temps nécessaire pour y arriver.»
Gusse note l'exemple de Tim Thomas, un gardien qui, comme lui, a un petit gabarit.
«Thomas est une inspiration pour moi. Nous avons plusieurs points en commun: nous sommes petits et combatifs.»
Naturellement, l'athlète de Terrebonne a aussi suivi de près la carrière de Cristobal Huet.
«Je m'intéressais à lui avant même qu'il soit avec les Canadiens, du temps où il était avec les Kings de Los Angeles, a précisé Gusse. Naturellement, il y avait un certain sentiment d'appartenance parce qu'il vient de la France, mais ce n'était pas pour autant mon idole de jeunesse. Notre cheminement est tellement différent. Huet a été développé en France tandis que j'ai connu mon éclosion après avoir déménagé au Québec.»
Aujourd'hui, si Huet a quitté la LNH prématurément, Gusse rêve toujours d'y accéder.
Source : TvaSports.ca