Dans les cuisines d'Hollywod...

Publié le 21 septembre 2011 par Fousdetheatre.com @FousdeTheatre

La nouvelle production du Théâtre Antoine devrait donner satisfaction à son directeur Laurent Ruquier, bien que celle-ci fut initiée par son prédécesseur, feu Daniel Darès. "Hollywood", de Ron Hutchinson,  est en effet une comédie teintée de burlesque extrêmement bien écrite et soigneusement montée par Daniel Colas pour le plus grand nombre.

De quoi est-il question ici ? Du huis-clos provoqué en 1942 par le producteur David O. Selznik regroupant dans son bureau sa propre personne ainsi que Ben Hecht, scénariste, et Victor Fleming, réalisateur, dans l'optique de sauver du naufrage "Autant en emporte le vent". Cinq jours et cinq nuits durant, alors que le tournage a déjà commencé et que Selznick a congédié le réalisateur George Cukor, ils vont réécrire un scénario mal ficelé et beaucoup trop long afin que Fleming reprenne la main. Deux problèmes : Hecht n'a pas lu le livre dont est tiré le script, et Fleming déteste Hecht...

Ces personnages "historiques" parfaitement dessinés par Hutchinson retrouvent toute leur épaisseur dans ceux qui les interprètent. Daniel Russo révèle un abattage et une précision remarquables dans le rôle de Selznick, Thierry Frémont compose un Ben Hetch irrésistible de drôlerie, et Samuel le Bihan un fleming bourru à souhait manquant  peut-être un peu de subtilité. 

Evoquons aussi Françoise Pinkwasser en secrétaire de Daniel Russo. Celle-ci est hilarante en "femme au bord de la crise de nerf" absolument débordée par sa charge de travail.

Au cours des longs, vifs  et savoureux dialogues imaginés par Hutchinson,  entre deux engueulades, baffes, ou coups de bouquet de fleurs (la fatigue aidant, les trois partent vite en vrille, et le bureau avec...) on parle de cinéma bien-sûr, de ce qu'il doit raconter, d'Hollywood, de sa tambouille interne. On n'oublie pas non plus le contexte historique (1942, seconde guerre mondiale), et surtout on assiste à la naissance de ce qui deviendra le mythe du cinéma américain de l'époque.

Voilà de quoi divertir intelligemment un public exigeant ne souhaitant pas tomber dans les facilités boulevardières habituelles.

Allez-y.