Samedi 5 octobre, une conférence sur l'ISLAMOPHOBIE EN FRANCE.

Par Ananda

Concept de laïcité : son inscription dans la loi française et ses récents dévoiements
avec
 
Pierre TEVANIAN - Gilles DEVERS
samedi 8 octobre 2011, à partir de 13h30
 
Colloque de l'Association des Etudiants de l'IFESI (AEI) : Islamophobie - Où va-t-on ?!
 L'Association des Etudiants de l'IFESI a le plaisir de vous inviter à un cycle de conférences sur la problématique de l’islamophobie en France, dans ses diverses déclinaisons thématiques.
 
 
Autodafé du Coran, appel à égorger les musulmans, prières de rues comparées à l’occupation nazie, enfants privés de soins parce que leur mère porte un voile, enfants à qui l’on refuse le droit de voir leur mère les accompagner lors d’une sortie scolaire parce qu’elles sont voilées, robes trop longues et ostentatoires, agression de femmes dans la rue, profanation de tombes, dégradation de mosquées, lois d’exception (?), halal ou pas halal, blâme pour port de barbe, montée en puissance des extrêmes droites européennes, traitement politico-médiatique de l’islam, discrimination au logement, discrimination à l’embauche et la liste pourrait être encore longue. Autant de sujets que l’on a vu surgir sur la scène médiatique ces dernières années. Doit-on y voir un réel problème d’islamophobie, ou simplement une illustration de la théorie de Maxime Rodinson, qui estimait que lorsqu’un groupe donné percevait une
hostilité à son égard, il développait une hypersensibilité aux critiques ?
 
Troisième après midi de ce cycle de conférences, le samedi 8 octobre 2011 avec Pierre Tévanian et Gilles Devers :
Pierre Tévanian :
"La loi anti-foulard du 15 mars 2004 a été présentée par ses promoteurs comme un « retour aux sources ». Selon le récit mythique qu’ils ont réussi à imposer à l’opinion, cette loi n’aurait fait que « ré-affirmer » des principes oubliés, « re-découvrir » la pertinence et l’actualité des textes fondateurs, « re-trouver » la saine intransigeance de Jules Ferry, Jean Jaurès ou Gambetta, « rappeler la loi » et ainsi « restaurer » ou « refonder » un ordre mis en péril par un renouveau de la menace religieuse. Le paradoxe, rarement relevé, est que cette rhétorique du retour aux sources a servi à promouvoir une nouvelle loi - une loi qui, en imposant désormais la « neutralité » aux usagers et non plus seulement aux agents du service public d’éducation, opère une transformation radicale de la laïcité française, en rupture totale avec l’esprit des lois fondatrices."
Professeur de philosophie à Drancy depuis 1996, coanimateur avec Sylvie Tissot, depuis 1999, du collectif Les mots sont importants (lmsi.net), membre fondateur des collectifs Une école pour tou-te-s et Mamans toutes égales, coordonnateur avec Ismahane Chouder et Malika Latreche du recueil "Les filles voilées parlent" (Editions La Fabrique), auteur de plusieurs ouvrages dont Le voile médiatique(Editions Raisons d'Agir), La république du mépris(Editions La Découverte), La mécanique raciste et à paraître (Editions Dilecta) fin octobre : Dévoilements. Les dessous d'une obsession française (Editions Libertalia).
 
Gilles Devers :"Les principes doivent être plus forts que la loi . La loi anti-burqa est une fille de la loi anti-voile du 15 mars 2004. Elle en annonce d’autres, car elle repose sur une conception fausse de la laïcité : sphère publique contre sphère privée. Une simplification dramatique. La laïcité n’est ni l’ignorance, ni la tolérance des religions, mais leur garantie. Si la foi religieuse se forge dans le doute et dans l’intime, elle n’est rien sans la capacité d’extériorisation. Sinon, c’est la liberté de religion au temps des soviétiques : libre de croire, mais viré de la fonction publique si on vous voit sortant de l’église. C’est la liberté d’opinion chez Castro : libre de penser, mais emprisonné si on exprime sa pensée.
L’islam prend place dans l’espace européen et pour qui veut voir le monde tel qu’il est, cette rencontre ne pose aucun problème de fond, appelant juste des accommodements raisonnables, pour reprendre la belle formule canadienne. Mais qui pourrait en être surpris : l’islam est, sur le plan du droit, une religion comme les autres, répondant aux mêmes libertés et contraintes. Et la Turquie n’est-elle pas membre du Conseil de l’Europe depuis sa fondation il y a soixante ans ?
Le droit est une protection pour vivre une foi différente. Et on doit se poser la question de savoir si, finalement, ce qu’on ne reproche pas à l’islam c’est de remettre en lumière la question religieuse, qui était enfouie dans la vie sociale sous des conceptions fausses de la laïcité."
 
 
 
Gilles Devers est avocat de plusieurs femmes poursuivies pour port de voile intégral. Il est l'auteur de Droit et religion musulmane (Editions Dalloz) et de nombreux autres livres.
 
 
Programme : 
- 24 septembre 2011 : Raphael Liogier / Abdelaziz Chaambi : Responsabilités des musulmans : pacifiques? Passifs? (retrouvez les photos sur facebook, et bientôt les vidéos en ligne)
- 1er Octobre 2011 : René Naba : L'Occident et les révolutions arabes.
- 8 octobre 2011 : Pierre Tévanian / Gilles Devers : Concepts de laïcité, son inscription dans la loi française et ses récents dévoiements.
- 19 novembre : Olivier Le Cour Grandmaison / Youssef Girard : Histoire de la relation de l'étranger / du musulman à la France.
 
Autres intervenants dans les semaines à venir :
 
Jean Baubérot, John R. Bowen, François Burgat, Ismahane Chouder, Thomas Deltombe... 
 
Renseignements
 
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