Chronique fashion week S/S 2012 Paris

Publié le 06 octobre 2011 par Thegoldiegirl

Votre serviteur ne pouvait pas être partie pour la capitale sans trouver un quelconque moyen de courir la fashion week parisienne printemps/été 2012. C’est désormais chose faite. Thegoldiegirl a interviewé pour Treetslook.com diverses personnalités de la mode pendant ce marathon mode. Après New-York, Londres, Milan, c’est à Paris qu’a débarqué le gratin fashion. Petite revue de presse de ces 8 jours de folie.


Mais attention, ce n’est pas uniquement une partie de plaisir. Pour les créateurs il s’agit de ne pas se louper, car la fashion week c’est seulement deux fois par an. Si votre collection ne fait pas mouche, il vous faudra ronger votre frein et accessoirement cravacher pendant 6 mois avant de redorer votre blason fashion.

Il en est de même pour toutes les socialites, stylistes, rédactrices et blogueuses qui trustent les premiers rangs des défilés. Le fashion faux pas est très vite repéré lorsqu’on est front row et la presse ne se prive pas de souligner les défaillances d’élégance des people, comme la jupe rayé peu seyante de Charlotte Gainsbourg au défilé Balenciaga ou le style vulgos égrené par Lindsay Lohan pendant toute la FW (mais on en attendait pas moins de Lilo).

Kanye West le mégalo Vuittonné présentait le 1er octobre une collection en défilé off de la fashion week. Elle n’a pas connu le succès critique escompté (fashion world, ton univers impitoyable). Aux abords du show on a pu admirer une déferlante de poufs groupies en mode r’n'b blingant. Ambiance ghetto chic garantie. La présentation de ce défilé a renforcé la rumeur la plus (dégoûtante) étonnante de la fashion week : la star sortirait avec la mannequin de 21 ans Chanel Iman.. Ajoutons qu’en plus d’être 3 fois plus épais que sa belle (même ses bijoux en moins), le melon de Kanye est aussi inversement proportionnel au poids de sa supposée nouvelle conquête. Mais cela ne nous regarde pas.

Le 4 octobre chez Castelbajac je n’ai pas aperçu Dita Von Teese (qui sort avec Louis-Marie, le fils de JCDC, ndlr) mais dans la même veine rétro on a vu débouler deux mariées siamoises (entendez dans une robe unique à deux cols) qui distribuaient du champagne Zarb (oui, oui, c’est bien le nom du champ) dans des coupes en plastique. Vous avez dit opération de com’ cheap ? Les deux demoiselles se sont ensuite dirigées vers le chic défilé Valentino aux Tuileries pour refiler au chaland leur breuvage tiédi par le soleil. Dans le même rayon coup de com’ pas cher, American Apparel avait engagé deux poules clonées en total look AA sexy et flashy pour refiler des cadeaux aux abords des shows. Les poules de Dov Charney m’ont refilée un t-shirt orange vif et une écharpe rose PQ tout ce qu’il y a de plus moche… damned.

Grâce à Treetslook j’ai eu la chance d’assister aux défilés Moon Young Hee, Lutz et Vanessa Bruno. C’est ce dernier que j’ai le plus apprécié. Ce 3 octobre j’ai eu le plaisir d’y interviewer Punky B alias Géraldine Grisey sur son look du jour. Elle est très sympathique et ne semble pas avoir la grosse tête. La nouvelle collection quant à elle était belle et portable, les mannequins avançaient en robes légères aux imprimés liberty doux et sage, vestes virginales zippées, mini jupes et bottes vinyles blanches ou nude, couleurs naturelles kaki, ocre, vert ou blanc, un défilé aux inspirations très 60’s summer. Les mannequins avaient toutes le même profil, la même tête (très étrange d’ailleurs de la part d’un monde de la mode qui dit rechercher des visages qui sortent de l’ordinaire).

Le 29 septembre au défilé Balenciaga, on a assisté à une mini-révolution : les personnalités du front row en standing. En effet les bancs des privilégiés des premiers rangs se sont écroulés et des invités de marque tels Salma Hayek, Catherine Deneuve ou Anna Wintour ont dû suivre le défilé debout comme un simple assistant du 5e rang.
Le défilé Barbara Bui s’est déroulé le même jour au Ritz place Vendôme en face d’une démonstration de voiture ancienne (emmerde de circulation puissance 2 hum). J’ai pu voir la top française Constance Jablonski quitter tranquillement l’hôtel où elle réside pendant la fashion week, alors que des dizaines de personnes trépignent pendant 1 heures pour assister à un show de 15 minutes dans cet hôtel.
Chez Rick Owens l’ambiance était très dark, et les adeptes du designer lui rendent bien : du total look noir et des jupes longues chez les femmes ET les hommes. Y assistait une Anna Dello Russo tout sourire, vêtue d’une robe noire et gold Versace, sa cuirasse de gladiateur des temps modesques.

Sinon question “people” on croise de tout. On y rencontre pêle-mêle des it-girls (Olivia Palermo, Alexa Chung, Lou Doillon), des rédactrices : (Carine Roitfeld, Emmanuelle Alt , Anna Dello Russo, Franca Sozzani, Kate Lanphear mon idole, Taylor Tomasi Hill, Grace Coddington, MAIS pas LA Anna Wintour), des créateurs (Charlotte Olympia, Alexander Wang, Margherita Missoni), des tops (Natalia Vodianova, Inès de la Fressange) et bien sûr des blogueurs (Caroline Feber, Susie Bubble, Garance Doré, Tommy Ton, Yvan Rodic de facehunter qui m’a shootée sans publier la photo, re-damned).

Niveau looks on a vu du python de toutes les couleurs, du léopard (encore), des imprimés fleuris, wax (africains), des jupes longues translucides, du pantalon flare en matière légère, du color block, des jeux de transparence, des mèches (dé)colorés, du cropped, des broderies, des accumulations de bracelet, des lunettes rondes à montures acidulées, du lamé doré ou argenté et les fameuses boots et escarpins glitter Miu Miu.

La folie street style atteint apparemment son paroxysme : inutile de tenter d’avoir un snapshot d’Anna Dello Russo ou Alexa Chung, une horde de photographes et blogueurs s’est déjà rué devant elle avant que vous n’ayez réalisé qui était la personne derrière leurs objectifs. La fashion week a sûrement perdu un peu de son aura hype en étant envahie par le blogging et le street style. On ne sait plus si les personnalités de la mode se font alpaguer malgré elles ou si elles se look ainsi dans le but d’être photographiées de la sorte.

Cela est devenu un gigantesque cirque où chacun côtoie les grands sans jamais en faire partie. Mais je ne vais pas cracher dans la soupe, j’ai fait des interviews street style pendant cette même fashion week. Aux abords de certains défilés les street stylers en viennent à se photographier entre eux en l’absence de looks bankable. Ils se nourrissent mutuellement, on pourrait presque appeler ça de l’entraide. Sauf que c’est en réalité une mascarade.

Petit coup de gueule : devant chaque backstage des défilés, on pouvait lire le texte suivant : PLEASE DO NOT FEED, models have special diets, properly balanced for nutriotional needs. Please -for their health and your savety- Do not feed them anything, even leaves.
C’est l’écriteau qu’on retrouve sur les cages des singes au Zoo. Et les gens trouvent cela DROLE. En tout point c’est dégradant et malsain, pour avoir vu les colonnes vertébrales des filles rougies et abîmées par la maigreur, cette pancarte n’a rien d’une blague et témoigne d’un humour super douteux. Et c’est un mannequin qui vous parle.

Et petit bonus bestiaire special fashion week : who’s who ?