Boissons énergisantes : L'UMP créateur de taxes « nutritionnelles » ?

Publié le 19 octobre 2011 par Slovar
Après la taxe sur les sodas classiques, l'UMP, à la recherche de nouvelles recettes fiscales, envisagerait de créer une « contribution spécifique » pour les boissons énergisantes. Au nom de la santé des français, bien entendu !
Heureusement que Nicolas Sarkozy, comme il le déclarait n'a pas été élu pour augmenter les impôts ! Car, comme l'écrit RTL : « A l'Assemblée Nationale, c'est le concours Lépine des nouvelles taxes »
Prochains lauréats : Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône (celui du travail du dimanche) et une quarantaine autres parlementaires, qui viennent de déposer un amendement visant à : créer une contribution spécifique pour les boissons énergisantes ?
De quelle ordre serait-elle ?
La taxe représenterait plus de 7 fois la taxe-soda. En caisse, une canette de Red Bull de 25cl reviendrait à 0,16€ plus cher qu'aujourd'hui, nous dit Le Parisien
Mais pourquoi une taxe si élevée ?
Richard Maillé met en avant que « l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments a émis à plusieurs reprises des avis confirmant que ces boissons ne présentaient aucun intérêt nutritionnel » Certes, répond le site professionnel Rayon boisson : « Sauf qu'elles ne sont pas les seules. La plupart des boissons apportent davantage du plaisir qu’un intérêt nutritionnel avéré ! »
Mais nos députés UMP ne désarment pas et déclarent : « Il est nécessaire de dissuader les consommateurs, souvent des adolescents, de consommer à l'excès ces boissons riches en caféine et en taurine, qu'ils mélangent fréquemment avec de l'alcool »
On pourra s'étonner que le député Maillé est ses collègues de l'UMP n'aient pas été plus offensifs en 2008, lorsque Christine Lagarde : « (...) a fait un aller-retour à Vienne, le temps de signer un accord attendu depuis douze ans par Dietrich Mateschitz, PDG de Red Bull (...) »
Dans cet accord, elle autorisait la commercialisation du soda énergisant pour des raisons essentiellement ... financières : « (...) L'Autrichien réclamait 300 M E de dédommagement à l'État français. Bien sûr, grâce à ce feu vert, Red Bull retire sa plainte (...) Le magasine LSA faisait remarquer à l'époque que : (...) Cette autorisation ressemble à un camouflet pour l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments, qui avait rendu quatre avis négatifs sur Red Bull, sous le prétexte que « la consommation excessive de taurine peut entraîner des troubles du comportement »
Cette décision avait d'ailleurs profondément choqué Roselyne Bachelot alors ministre de la Santé qui disait attendre : « des dossiers scientifiques plus solides susceptibles d'étayer une éventuelle interdiction (...) » Car elle craignait : «(...) que le Red Bull ne soit toxique et qu’il ait déjà fait des victimes en Suède et en Irlande (...) »
Donc, en 2011, les boissons énergisantes ne représentant semble t-il, plus un danger pour le consommateur et n'ayant : « aucun intérêt nutritionnel » mais achetées à hauteur de 40 millions de litres par an, le calcul est vite fait : Il est possible de faire rentrer jusqu'à 20 millions d'€ dans les caisses de l'état !
On notera au passage que nos députés, plus soucieux d'éviter un vote défavorable à l'UMP en 2012, des viticulteurs ou de distillateurs, que de la santé de notre belle jeunesse, ont décidé de ne pas relever les droits d’accise sur le vin, la bière et le rhum
Néanmoins, la suite du « concours Lépine des nouvelles taxes » continue ... dans les jours à venir !
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