Homeland – Episode 1.01 – Pilote

Publié le 21 octobre 2011 par Speedu

Pilot

Saison 1, Episode 1 sur 12
Diffusion vo: Showtime – 2 octobre 2011

Un marine est retrouvé vivant après 8 ans de captivité au Moyen-Orient. Il est acceuilli en héros, sauf par Carrie Mathison, un agent de la CIA, qui est persuadé qu’il a été retourné par l’ennemi et présente donc une menace pour la sécurité nationale.

Série évènement de la rentrée, signée par un des pères de 24 heures chrono, Homeland était très attendue et réussit l’exploit de ne pas du tout décevoir à l’occasion de ce pilote. Une bonne pioche et une série qui s’annonce grandiose à l’issue de ce pilote.

Elle est blonde, elle travaille à la CIA mais ce n’est pas Annie Walker. Et heureusement. On n’est pas dans Covert Affairs ici et les choses sont traitées sérieusement et en deux temps.

Toute la première partie de l’épisode se concentre sur le retour en héros de Nicholas Brody, sergent de l’armée américaine capturé en 2003 en Irak et retrouvé 8 ans plus tard. Le voilà donc à devoir se réhabituer au monde moderne. Et c’est bien foutu. Le stress ressenti par Nick ressort parfaitement lors de son arrivée sur le sol américain où tout le monde lui saute dessus et où il doit subir les cérémonies alors qu’on se doute bien que tous, nous voudrions être un peu au calme dans cette situation de retour inattendu après une captivité. On voit donc les premières heures de Nick et elles ne sont pas roses.

Mais le pilote prend aussi le parti de voir comment ce retour affecte ces proches. Il y a de nombreuses petites scènes efficaces pour montrer que tout ne peut pas reprendre comme avant. Je pense par exemple au premier contact entre Brody et son fils, les deux ne se connaissant pas puisqu’il était encore un bébé lors de sa capture. Ou encore la scène où sa femme découvre ses scarifications et cicatrices consécutives à la torture qu’il a subi. Ou encore la scène de sexe qui est cru, bestiale, sans la moindre tendresse ou le moindre amour.
Mais Jessica aussi doit réussir à gérer ce retour puisqu’elle avait un peu abandonné l’idée de revoir son mari en vie et s’est donc laissée entrainer dans les bras du meilleur ami de Brody. Là encore, la situation est compliquée à gérer pour Jessica. Que faire ? Rester avec son amant pour qui elle a des sentiments ? Reprendre la vie avec son mai comme si de rien n’était mais qui a forcément changé et n’est plus le même qu’avant ? La situation est peu évidente et je suis assez pressé de savoir comment elle va gérer cela et comment Brody va le prendre quand il saura qu’elle a été fricoté ailleurs et n’a donc plus cru en sa survie.

Puis arrive la seconde partie où on assiste à un revirement de point de vue puisqu’on s’attarde alors sur Carrie qu’on avait peu vu jusque là, si ce n’est qu’elle affirmait sans être crue que Brody était devenu un traitre, bossant pour l’ennemi. La seconde partie s’attarde donc beaucoup plus sur elle et montre son instabilité. Ce n’était qu’un fait jusque là, évoqué comme ça mais là, dans ce morceau de pilote, ses actions montrent qu’elle n’est pas tout à fait nette. Elle est persuadée qu’il va y avoir un attentat dont Brody est le déclencheur et cherche à prouver la trahison de celui-ci, et ce, de manière peu légale.

On a alors différentes scènes plus ou moins réussies, le plus étant le face à face en débriefing, le moins étant les quelques longueurs dans les observations de la vie quotidienne des Brody. Enfin, je dis moins, mais cela restait bien.
Le seul véritable problème que j’ai avec Carrie, c’est que la base de sa paranoïa est, encore une énième fois, le traumatisme des attentats du 11 septembre. Même si cela peut se comprendre parce qu’elle était au coeur de la chose et n’a pas pu stopper cette catastrophe, les séries ont trop utilisées ce ressort du 11 septembre pour justifier un personnage traumatisé, surtout cette année. Dommage donc. Pourtant, cela permet ici, de vraiment justifier sa paranoïa.

On termine donc le pilote sur une fausse évidence. Complot il y a. Brody y est forcément impliqué d’une manière ou d’une autre. Mais tout n’est pas si évident et même dans l’éventualité où cela est bien le cas, les personnages restent suffisament intriguants et surtout instables pour pouvoir faire partir le truc dans tous les sens. Même si Carrie a raison, son passif au sein de la CIA et son instabilité peuvent se retourner contre elle. Et Brody, qui dit qu’il a vraiment été retourné ? Même si il communique avec ses doigts lors des retransmissions télé, pourquoi ne pourrait-il pas communiquer avec desautres que les terroristes ? Par exemple, un agent du Mossad infiltré dans l’organisation terroriste. Pourquoi pas ? J’extrapole cela afin de bien vous montrer que rien n’est sûr, même malgré les plans qui nous sont proposés par ce pilote, comme le final où Brody doit s’en prendre à son coéquipier avant de s’effondrer en pleurs sur l’épaule de son ravisseur.

Enfin, il reste le casting tout simplement parfait. Quand j’ai su que Claire Danes, alias Angela 15 ans allait être l’agent de la CIA, j’ai eu un peu peur. Mais non, c’est une excellente surprise, parfaitement crédible dans son costume d’agent de la CIA. Et Damian Lewis est parfait, offrant exactement ce qu’il faut dans son jeu pour laisser en place l’ambiguité autour de son personnage. Même Morena Baccarin, qui joue la femme de Brody et qui ne m’a jamais bouleversé, que cela soit dans Stargate SG1 ou V 2009, s’avère excellente. Et je ne dis pas ça parce qu’elle montre ses atouts charme féminins face caméra. Sans oublier qu’il y a aussi l’excellent Mandy Patinkin. Bref, un casting de haut vol qui est parfait dans ce pilote.

Bref, 9.5/10

Un excellent pilote, très bien rythmé, qui pose d’excellentes bases pour la série. C’est tout simplement passionant et rend déjà accro ! Vite la suite !