Soleils noirs, 3 : Michel Houellebecq, le devoir d'être abject, 1ère partie

Par Marcalpozzo
  

« Acceptable comme tout écrivain de valeur, Houellebecq ne l’est pas. Son encre est trempée dans le cyanure, sa littérature est dangereuse, parce qu’elle dit le pays dans lequel nous vivons », Marc Weitzmann[1]


 
 

I. Houellebecq,le cynique   La littérature de Houellebecq apparaît, aux yeux du plus grand nombre d’entre nous, comme une littérature absolument monstrueuse. Ou devrais-je plutôt dire Houellebecq lui-même, en personne, nous paraît être un véritable monstre. Pourquoi ? D’abord, parce que depuis trop longtemps à présent, on aime à confondre l’homme et l’auteur, Mais surtout, parce que dans un langage cru et sans nuances, Houellebecq dénonce  l’échec d’une civilisation. Tous ses personnages, généralement des hommes médiocres, souffrent, et cherchent désespérément l’amour de l’autre. Mais les illusions de la libération sexuelle, l’individualisme primaire qui s’est installé dans les rapports humains, – chacun revendiquant pour lui seul son droit au plaisir –, le sadomasochisme, la compétition sexuelle, la négation ou mutilation du corps d’autrui, autant de murs, autant de fossés qui séparent les individus qui ont eu raison de notre désir de rencontrer autrui. Autant de limites posées par la gestion des intérêts privés, l’égoïsme, le tout à l’ego. Autant de remparts à l’amour, et au bonheur Certes, ça n’est pas seulement la société de consommation, et la fausse libération sexuelle qui sont les ultimes coupables de nos déchéances amoureuses. Certes, cette société délétère, incapable d’enseigner l’amour désintéressé de son prochain, véhicule une fausse image, totalement illusoire, du corps, ne stigmatisant que les beaux corps. Mais pour Houellebecq, c’est en réalité, la faute au moi. Un « moi », nous dit Houellebecq, qui n’existe pas. De plus, comme nous ne savons pas nous trouver, le moi n’est plus qu’un objet en souffrance focalisé par la mort. De fait, tous les personnages de Houellebecq sont aux prises d’une spirale irréversible. Tout d’abord, l’attachement à l’ego : origine de toute souffrance. Nourri par la compétition sexuelle, il l’est d’abord par la mort. La mort et la souffrance. « Il est faux, écrit-il, de prétendre que les être humains sont uniques, qu’ils portent en eux une singularité irremplaçable. (…) C’est en vain, le plus souvent, qu’on s’épuise à distinguer des destins individuels, des caractères[2]. » Notre mort et notre souffrance ne se partagent pas ; elles sont notre pleine essence. Elles sont notre lot, le lot de notre existence. Le reste ne demeure dans la mémoire qu’à peine plus qu’un roman qu’on aurait lu[3]. Cette association inextricable à notre fin tragique annoncée, ne permet pas l’amour. Pourtant, qu’ils soient misérables, pleins de haines, froids, médiocres, tous les êtres humains en rêvent, même s’ils ne font qu’en rêver, car rien ne nous assurent qu’ils puissent atteindre leur désir. Chez Houellebecq, les quinquagénaires salivent sur des nymphettes dont les corps sont très beaux, bandants, mais creux. Ce sont généralement de petites « garces » de dix-sept ou dix-huit ans incapables, bien souvent par bêtise crasse, de sortir de l’amour de leur petite personne sans existence, sans importance[4]. Des crétines aussi belles que stupides. Plus tard, lorsqu’elles seront devenues des femmes, elles prendront « des calmants, (feront) du yoga, (iront) voir des psychologues ; (les femmes) vivent très vieilles et souffrent beaucoup. Elles vendent un corps affaibli, enlaidi ; elles le savent et en souffrent. Pourtant elles continuent, car elles ne parviennent pas à renoncer à être aimées. Jusqu'au bout elles sont victimes de cette illusion. A partir d'un certain âge, une femme a toujours la possibilité de se frotter contre des bites ; mais elle n'a plus jamais la possibilité d'être aimée. Les hommes sont ainsi voilà tout »[5] nous dit un Houellebecq sans appel.   II. Houellebecq, le moraliste   A l’instar de Camus, de Dagerman ou de Sartre, il y a quelque chose chez Houellebecq qui me fait dire qu’il est la conscience de son temps. Il est la conscience de toute une génération dont il est devenu le porte-parole. La mienne. J’en suis. Il est notre miroir. Un miroir qui nous renvoie une image si abominable, qu’elle nous interpelle autant qu’elle nous effraie. Une image si insupportable qu’elle nous révolte aussi ! Houellebecq n’est pas un écrivain monstrueux. Juste un auteur qui a décidé de mettre le doigt là où ça fait mal, c’est-à-dire sur notre condition humaine et détestable. Il veut nous montrer ce que personne ne veut ni voir ni entendre. Et pour le comprendre, il faut écouter ce que prône Houellebecq, à savoir que pour être vrai, il faut être « abject ». Ça n’est pas seulement de dénoncer la platitude angoissante d’un quotidien immanent et insipide[6]. Ça n’est pas vraiment de s’inscrire dans un courant littéraire prétendument « subversif »[7], plus près des préoccupations cachées des lecteurs, que d’une perspective « politiquement incorrect ». On pourrait bien sûr assimiler Houellebecq à ces écrivains qui creusent les sujets dont personne ne veut entendre parler pour faire chic, afin d’être un écrivain sensationnel, en insistant sur la maladie, l’agonie, la laideur, la mort, ou encore l’oubli. Mais ne serait-ce pas réducteur ? La critique est d’ailleurs réversible. Pourquoi faudrait-il escamoter la laideur du monde ? Qu’est-ce qu’il y aurait de critiquable à montrer ce qui est particulièrement familier ou anodin ? Dans cette esthétique de la laideur, on a voulu voir un effet de mode, une stratégie littéraire, un calcul intéressé. L’attaque est intéressante, mais elle n’épuise pas pour autant la force de l’œuvre houellebecquienne ; elle ne met guère à sac, la galerie de monstres que cette œuvre nous donne à voir, en nous montrant, comme dans un jeu de miroirs, ce que nous sommes probablement devenus. Est-ce qu’il nous viendrait à l’idée de reprocher à Flaubert aujourd’hui, d’avoir construit toute son œuvre autour d’objets triviaux, c’est-à-dire tous ces objets tristement familiers qu’au quotidien on ne regarde même plus ? Il avait d’ailleurs, une très belle formule, pour justifier son choix : il disait « l’ignoble me plait, c’est le sublime d’en bas ». L’attaque est donc un peu facile : on cherche à se démarquer des autres, on prétend choquer en se glissant dans le « politiquement correct », on exacerbe ses frustrations et sa haine de la vie. Néanmoins, une question demeure : pourquoi tant d’acharnement contre Houellebecq depuis déjà dix ans ? Les arguments suscités seraient-ils suffisamment recevables pour répondre cette seule question valable. En réalité, non. Et on ne comprend pas le malaise qu’a créé Houellebecq, si l’on ne comprend pas qu’en dénonçant un système libéral économique et sexuel, en mettant en mot ce que tous avaient au rebord de la conscience, il s’est volontairement transformé en une victime de la vindicte des « faibles », des hommes du ressentiment qui ne supportent pas d’être ainsi mis à jour. On pourrait d’ailleurs le comparer sans ironie à ce messager dans la tragédie grecque antique, qui, apportant une mauvaise nouvelle à la cité, se voit la cible de la colère de tous car, ne pouvant détruire le message, on s’en prend naturellement au messager. J’ai toujours été convaincu qu’il y avait quelque chose de profondément humain dans le message de Houellebecq. Antilibéral forcené, on lui en a longtemps voulu, notamment les femmes, de montrer le sacrifice de la gent féminine, voire la disgrâce de leur solide rôle dans la société patriarcale d’antan, transformée par la société libérale et consumériste, en véritable marchandise. Mais il faut admettre que Houellebecq ne les a jamais ménagées, notamment quand il aborde les relations sexuelles entre les hommes et les femmes. Sûrement comme l’avance Bruno Viard a-t-il des comptes à régler avec sa mère[8]. Ce dont je suis sûr, pour en avoir fait personnellement l’expérience, c’est que la frustration adolescente que Michel Thomas ressenti autrefois, devant ces corps de nymphes qui lui parurent longtemps inaccessibles, resurgit soudain, dans des critiques au vitriol. Aussi, loin des idées reçues, Houellebecq n’est pas un misogyne, mais plutôt un écrivain qui idéalise la femme. Lorsqu’il écrit par exemple dans Les particules élémentaires : « Les femmes sont meilleures que les hommes. Elles sont plus caressantes, plus aimantes, plus compatissantes, et plus douces ; moins portées à la violence, à l’égoïsme, à l’affirmation de soi, à la cruauté »[9], venant d’un esprit aussi brillant que celui de Houellebecq, on croirait presque à une sorte d’ironie feinte. A la réflexion, j’opte, pour un idéalisme naïf, porté par un culte du sacré qui intègre LA femme, ayant toujours empêché Michel Thomas, puis Michel Houellebecq, d’avoir des relations normales avec le sexe opposé en général.   

  Certes. J’avoue avoir toujours été désespéré par toutes ces lectures faciles qui voient en Houellebecq un écrivain atrophié par le désespoir morbide d'un suicidaire qui déteste la vie. Certes, Houellebecq est de cette race de pessimistes. De grands pessimistes post-Schopenhaueriensqui ont beaucoup de mal à se guérir. Pour lui, comme pour Schopenhauer, la vie n'est qu'un pendule oscillant entre souffrance et ennui, exaltée par la société de consommation qui fonde toute sa logique économique et sexuelle sur le désir, au final systématiquement déçu ou frustré. Cette dialectique du désir hante tous ses romans depuis le premier, Extension du domaine de la lutte[10]. Mais son irréversible pessimisme post-schopenhauerien, que Nietzsche avait d’ailleurs, selon les mots mêmes du romancier, si mal compris, résulte avant tout d’une incapacité à savoir vivre… D’où tous ces héros houellebecquiens qui rendent, coup pour coup, ce qu’ils ont reçu. Cette écriture vindicative, proche du ressentiment, que Bruno Viard, imprégné de nietzschéisme sûrement, appelle « la conscience esclave »[11]. Certes, inapte au bonheur ou au plaisir, Houellebecq se livre à une critique en règle de tout ce que la vie ou la société peut apporter à l’homme de semblant de jouissance, sans pour autant, espérer changer quoi que ce soit[12]. Probablement parce qu’il sait que la littérature aujourd’hui, plus que jamais, ne changera plus rien… Dans la même logique, il y a donc cette idée qu’il serait « professeur de désespoir »[13] ! Autrement dit, qu’il serait, parmi beaucoup d’écrivains à la mode aujourd’hui, un auteur qui réduirait la vie à sa seule personne ; parce qu’il ressentirait une triste souffrance au quotidien, il serait de ces nihilistes, ces néantistes qui tiennent la paternité pour négative, qui juge la vie de leurs yeux égoïstes, flatte l’homme dans ses aspects les plus médiocres. Il y aurait chez Houellebecq ce « refus radical du monde tel qu’il est » ; il y aurait chez cet auteur un dégoût profond de la vie qu’il transformerait en hostilité agissante ; il subsisterait en lui une utopie irresponsable qui le porterait à valoriser le clonage, évoquer l’amour idéal, et mépriser la femme. Bref ! Nancy Huston nous brosse le parfait portrait de l’homme du ressentiment. A l’image de l’homme du troupeau, il serait cet homme malade, il serait d’une si petite santé, qu’il serait empêché de reconnaître la valeur intrinsèque de la vie ! Bien sûr, comment ne pas pressentir là, une fois de plus, une critique très nietzschéenne menée par l’auteur canadien. Voyant en Houellebecq un pessimiste pathologique, elle en fait un destructeur nihiliste, agité par le ressentiment profond qui serait le propre des hommes faibles ; tenant la vie en sainte horreur, il serait toutefois d’une intelligence redoutable, amenant son lecteur à se croire particulièrement « intelligent, supérieur, voire révolutionnaire moyennement quoi il peut se laisser choquer et exciter par les passages violents de provocation pure, comme un enfant de quatre ans par l'usage des gros mots[14] ». Comment ne pas voir dans cette accusation ad hominem comme l’expression du ressentiment qu’elle tente de retourner contre l’écrivain français lui-même ? Le désespoir adolescent auquel elle fait référence est cette tentation de notre propre civilisation européenne ; ayant désormais pris conscience d’elle-même, notre civilisation est à présent malade, et elle est au prise d’une radicale haine de la vie. Aussi, chez tous les détracteurs de Houellebecq, on trouve curieusement cet idéal d’une existence plus haute, moins douloureuse, où soudain le corps ne serait plus un poids, où il n’y aurait plus de solitudes, où les combats à mener seraient enfin plus complexes, plus subtiles, plus justes. Nancy Huston n’évite pas ce travers. Aussi, ce quelle refuse d’admettre, c’est que Houellebecq serait désormais un écrivain -sengagé ; que ce nihilisme que l’on trouve dans tous ses romans est, avant tout, celui d’une époque où y règne le dernier homme. Arrivé aux extrémités des effets du nihilisme et de la maladie de la civilisation, il est désormais épuisé, dépressif : fatigué de vivre, déçu par tous ses désirs satisfaits qui furent autrefois présentés comme une promesse de bonheur, il se dit à présent que tout est vain[15]. Une représentation à la fois morale, éthique, existentielle, et métaphysique. Parce que Houellebecq – et c’est le moins que l’on puisse dire –, est un moraliste. Un de ceux que l’on pourrait ranger aux côtés de La Rochefoucauld ou de La Bruyère. Evidemment, on ne peut que le concéder à Bruno Viard et Nancy Huston, Houellebecq ne parvient pas toujours à se détacher de son pathos, qu’il injecte sans concession dans son écriture et ses romans. Dans le cas de son œuvre, elle aura probablement peu de chance d’un jour atteindre l’universel. Et si elle prête à penser, du fait même qu’elle soit traversée de la subjectivité pathétique de son auteur, elle demeurera toujours en-deçà de l’œuvre d’un maître à penser. Mais ce qu’ils ne semblent pas admettre en revanche, c’est que Houellebecq, en mettant à jour ses contradictions, ses pulsions asociales, son mal-être, nous révèle à nous-mêmes notre part d’ombre, la mauvaise santé de notre civilisation, la lassitude d’une génération. En nourrissant son œuvre de sa propre dépression, cette dernière en tire un grand mérite : elle montre que, dans cette forme de mauvaise conscience, notre civilisation en petite santé retourne la cruauté contre elle-même.     Voilà ce qu’il faut certainement voir dans le moralisme de Houellebecq – qui pourrait ressembler par certains aspects, à un moralisme nourri de ressentiment, paternaliste et aigri. Pour illustrer cette idée, je vais prendre l’exemple de son troisième roman, Plateforme[16] : l’écrivain dépeint le cheminement initiatique d’un homme à Bangkok, qui s’abandonne aux plaisirs du body massage, avant de décider, avec son amie Valérie, rencontrée là-bas, de proposer un club « où les gens puissent baiser ». Certes, pas entre eux. Non ! Michel, le personnage principal, ne pense pas à un club échangiste, si répandu ces dernières années en Occident. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que selon l’anti-héro houellebecquien, « il doit certainement se passer quelque chose, pour que les Occidentaux n’arrivent plus à coucher ensemble ». La vision de cette dégradation des rapports est parfaitement vue par le personnage de Houellebecq. Michel veut, en réalité, leur proposer des autochtones : parce que celles-ci « n’ont plus rien à vendre que leur corps, et leur sexualité intacte ». Pas de lutte des sexes, pas de hargne, seul le bon rapport avec le partenaire compte. Certes, comme moraliste, Houellebecq ne nous rend pas la tâche facile. Il sème plusieurs pistes qui concourent à creuser l’ambiguïté. Le prénom du narrateur qui est identique à celui de l’auteur ; les parallèles avec un monde référentielle, qu’il soit interne ou externe, je pense par exemple à ses propos publics, lorsqu’il encensa les thaïlandaises, à la sortie de son roman, faisant valoir leur savoir-faire en matière sexuelle, les considérant comme des femmes, à l’inverse des occidentales, qui savent réellement donner de l’amour et du plaisir aux hommes ? Ou lorsqu’il ne sait plus soudain ce qui tient de l’autobiographie dans ses romans et ce qui tient de la fiction[17]. Bien sûr, il ne s’agit plus de se laisser prendre au piège, et de voir dans ce roman – comme certains l’ont fait ! – une apologie du tourisme sexuel. Mais bien la dénonciation de la déliquescence du monde Occidental causée par l’ultralibéralisme que Houellebecq avait déjà entamée avec Extension du domaine de la lutte. Il fait donc le constat d’un déclin de la sexualité étendu à l’ensemble des couches sociales, aux hétérosexuels comme aux homosexuels, épargnant à peine les jeunes ou les adolescents. Constat d’autant plus fort que Michel Houellebecq remarque, à juste titre, que l’absence de sexe entraîne irrémédiablement d’autres dérives : « If you have no sexe, you need ferocity. That’s all[18]… » L’étiquette d’« immoralisme » aurait ainsi mieux convenu à un récit qui se serait ouvertement réjouit du tourisme sexuel. Or, il n’en est rien ici. On a même l’impression que Houellebecq nous fait la leçon, et que son roman s’écrit sous la forme d’une nette réprobation. Cette idée n’est en rien exagérée. On sent bien, lisant Houellebecq, qu’il aurait aimé en finir avec cette déliquescence morale et humaine. Il a même combattu pour cela. Ses romans, ses poésies furent les moyens de sa logique de guerre. D’où une lecture de tous ses textes, pour être fidèle à l’esprit de l’auteur, qui doit suivre une double orientation : morale et politique.  (A suivre.)  (Paru dans Le Journal de la culture, n°17, Nov/Dec 2005. Revu et augmenté en avril 2011)
 En ouverture :
Michel Houellebecq photographié par R. Montfourny (Les inrockuptibles)

[1] « Houellebecq, aspects de la France », Le Monde, 7 septembre 2001, p. 14.

[2] Michel Houellebecq, Les particules élémentaires, Paris, Flammarion, 1998.

[3]« En somme, l’idée d’unicité de la personne humaine n’est qu’une pompeuse absurdité. On se souvient de sa propre vie, écrit quelque part Schopenhauer, un peu plus que d’un roman qu’on aurait lu par le passé », op. cit.

[4]« Je me souvenais d’être passé le matin même devant le lycée Fénelon. C’était entre deux cours, elles avaient quatorze, quinze ans et toutes étaient plus belles, plus désirables qu’Isabelle, simplement parce qu’elles étaient plus jeunes. Sans doute étaient-elles engagées pour leur part dans une féroce compétition narcissique, - les unes considérées comme mignonnes par les garçons de leur âge, les autres comme insignifiantes ou franchement laides ; il n’empêche que pour n’importe lequel de ces jeunes corps un quinquagénaire aurait été prêt à payer, et à payer très cher, voire le cas échéant à risquer sa réputation, sa liberté et même sa vie », », La possibilité d’une île, Paris, Fayard, 2005, p.84.

[5] Michel Houellebecq, Les particules élémentaires, Paris, Flammarion, 1998.

[6] Voir Michel Houellebecq, La carte et le territoire, Paris, Flammarion, 2010.

[7] Même si, depuis son prix Goncourt obtenu en 2010, Houellebecq est en danger de mode, devenu depuis, un auteur plutôt « bobo », autrement dit, on achète ses livres mais on ne les lit pas.

[8] Les relations difficiles avec sa mère sont notoires aujourd’hui. Cf. Bruno Viard, Houellebecq au laser. La faute à Mai 68, Nice, Les Editions Ovadia, 2008, p. 44 et sq.

[9] PE, p. 205.

[10] Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte, (EDDL), Paris, Editions Maurice Nadeau, 1994.

[11] EDDL, (rééd. J’ai lu, p. 66-67.)

[12] « Il faut écrire un texte religieux pour changer le monde », Interview Les inrockuptibles, octobre 2005.

[13] Voir à ce propos Nancy Huston, Professeurs de désespoir, Arles, Actes Sud, 2004 (précisément le chapitre intitulé : « L'extase du dégoût », p. 279 sq.

[14] Nancy Huston, op. cit.

[15] « Cela dit, il avait eu tort sur un point : on peut très bien vivre sans rien espérer de la vie ; c’est même le cas le plus fréquent », Lanzarote et autres textes (L), Paris, Flammarion, 2002, (rééd. Librio, p.54.)

[16] Michel Houellebecq, Plateforme, Paris, Flammarion, 2001.

[17] « Je sais que c’est difficile à croire, mais à l’heure actuelle, je ne sais plus très bien ce qui, dans mes romans, relève de l’autobiographie ; je suis par contre très conscient que cela n’a aucune importance », in « C’est ainsi que je fabrique mes livres. Entretien avec Frédéric Martel », La NRF, n°548, janvier 1999, pp. 197-209.

[18] Michel Houellebecq, La possibilité d’une île, Paris, Fayard, 2005, p. 368.