Guerre en Irak: le pétrole et rien d’autre

Publié le 27 février 2008 par Pierre

 Démocratie: le parfait alibi

L’Irak est le pays au monde qui dispose probablement des plus grosses réserves de pétrole au monde (10% du total mondial !). De surcroit, son extraction est aisée, ce qui le rend peu cher comparé à celui de ses voisins du Moyen-Orient et ses lointains cousins d’Amérique du Sud (Venezuela notamment).

 La guerre en Irak et le renversement du sanguinaire pantin Saddam Hussein ne seraient-ils qu’un signe précurseur de ce que sera la déopolitique dans les années à venir, nouvel ordre mondial consubstantiel à la dépendance croissante de nos modèles économiques et de la raréfaction programmée des réserves mondiales de pétrole ?

Le fameux pic de Hubbert est supposé être atteint en 2020 pour le pétrole, tout comme pour le charbon chinois, dont les centrales et l’énergie du pays en sont fondamentalement dépendante (et faut-il rappeler que 40% de l’électricité mondiale est produite à partir de centrales à charbon !!!). Le monde va se retrouver avec un baril de pétrole non pas à 100 dollars mais plutôt 200-300, 400, 1 000 dollars, qui sait ?

La probable crise mondiale énergétique qui se profile va bouleverser l’équilibre planétaire: la remontée des eaux « exilera » des millions de personnes vers les villes déjà surpeuplées et surpolluées, des pays entiers seront probablement plongés dans le rationnement énerétique. Qu’adviendra-t-il alors ?

L’Amérique place ses pions 

 Pourquoi alors les Etats-Unis d’Amérique de Georges W Bush ont-ils menti à la face du monde entier avec de fausses armes de destruction massive, dans une enceinte respectable, l’ONU, sinon pour anticiper cette crise ? Des réseaux spécialistes du complot en sont convaincus, qui parlent « d’un vaste plan d’appropriation des hydrocarbures du golfe arabo-persique ». Mais d’autres sources d’information, elles, constatent simplement une triste réalité: la realpolitik de l’administration américaine.

 L’imbécile Bush serait-il, en fait, un fin géopoliticien anticipant la vraie future guerre mondiale, celle de l’énergie ? La « démocratisation » du Moyen-Orient n’autait été qu’un leurre au service du pétrole… Sous cet angle, le coût de la guerre en Irak, financier et humain, est dérisoire comparé aux milliards d’euros que vaudront les barils irakiens dans les décennies qui viennent ! Peut-être dirons-nous -ou plutôt nos enfants - que l’administration Bush a fait « le mouvement du siècle » en préemptant le pétrole Irakien. Peut-être…

Ce que l’on remarque aujourd’hui c’est que les discours des candidats à la présidentielle américaine, Barak Obama, Hillary Clinton ou John Mac Cain, aucun n’évoque un retrait rapide et unilatéral de l’armée américaine, encore moins de calendrier. Or on a du mal à croire que c’est au nom du pauvre peuple Irakien ou contre un hypothétique islamisation du Moyen-Orient. La vraie raison est beaucoup moins glorieuse : n’ayant pas suffisament sécurisé la filière pétrole à leur bénéfice, il faut rester coûte que coûte.

Et il y a fort à parier que quelque soit le prochain Président des Etats-Unis, ce sera le statu quo, l’or noir est à ce prix.

François