Phall Fatale

Publié le 01 novembre 2011 par Lordsofrock @LORDS_OF_ROCK

Categories: Chroniques CDs

JAZZ EXPERIMENTAL – Préparez-vous à prendre une claque, Phall Fatale a décidé de sortir des sentiers battus musicaux, de laisser derrière les morceaux calibrés pour nous offrir une parenthèse originale. Charcoal from fire s'écoute intensément mais exclusivement aussi. Séquences électro, contrebasses et voix féminines nous emmènent dans un monde parallèle où chant, rock, jazz et électro s'entremêlent.

Phall Fatale est un projet atypique autour du batteur lucernois Fredy Studer qui date déjà de 2008. La formation est pour le moins originale: deux voix féminines, deux contrebasses, une batterie et un ordinateur portable. Le tout donne un jazz électro expérimental. Des séquences groove côtoient des sons plutôt hardcores et du spoken word sur des morceaux qui définissent une nouvelle esthétique pop.

Les contrebasses et la batterie sont la colonne vertébrale de CHAECOAL FROM FIRE. Plus ou moins présentes, elles donnent un son chaud, vivant à la musique. Deux courts instrumentaux leur laissent le devant de la scène; d'abord "Putrid Beauty" où les archets de John Edwards et de Daniel Sailer se lamentent et "Draw" très épuré et rythmé. Pour suivre le jeu des cordes et percussions sans se faire envahir, il fallait au moins les deux voix prenantes et puissantes de Joy Frempong et Joana Aderi. Et l'ordinateur dans tout ça? Il donne un rythme particulier parfois fort comme dans le hardcore "Naughty Girl" avec ses paroles très grunge et second degré ou dans l'enivrant "Rolirox" sans paroles mais avec des voix jouant les instruments. Mais il sait aussi se faire discret apportant un écho, enveloppant les voix comme dans "Angel" voire quasi inexistant comme dans l'excellent "Tonight".

Au-delà des sons particulièrement bien travaillés, des voix transcendantales, Phall Fatale raconte aussi des histoires. Les mots sont bien choisis, les histoires ordinaires mais au combien touchant. On est dans le monde des rêves, des personnages que l'on aimerait être ou qui sont cachés tout au fond de nous. On s'accroche aux paroles mises en avant par des séquences de spoken word faisant écho aux beats de la batterie. "Little Boy" réussit même la prouesse d'être majoritairement en spoken word sans pour autant nous ennuyer durant les presque huit minutes que dure ce conte moderne. Au milieu des compositions du groupe se cachent deux reprises. Loin de la copie ou du revival, "Desolation Row" de Bob Dylan et "Four Women" de Nina Simone sont revisités dans le sens le plus noble du terme.

Beats fluides et pourtant marqués, séquences hardcore ou groovy, voix puissantes et électro maîtrisée sont autant d'ingrédients pour une faire de CHARCOAL FROM FIRE un diamant à la fois brut et brillant mais toujours exceptionnel.