Lynda Lemay – Ceux que l’on met au monde

Publié le 13 novembre 2011 par Photozcool @zoomterre
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Lynda Lemay – Ceux que l’on met au monde

Je vous avais dit que Lynda Lemay pouvait faire rire, pleurer, émouvoir… et jamais laisser indifférent. Après une chanson plutôt humoristique sur les chiens en voici une beaucoup plus touchante et émouvante concernant les enfants « anormaux » qui s’intitulent Ceux que l’on met au monde.

J’ai trouvé ces mots sur un site qui porte le même nom que cette chanson : Ceux que l’on met au monde, que vous pouvez visiter en cliquant ICI :

« Je me permets d’emprunter ce titre à Linda Lemay, qui m’a immensément touchée avec ce texte magnifique. Il reflète avec une acuité parfaite ce que je peux ressentir comme maman d’un « enfant différent »… (Linda, comment tu sais tout ça ???) »

Lynda Lemay – Ceux que l’on met au monde

Voici donc cette magnifique chanson qui j’espère a déjà fait ou fera le tour du monde !

Lynda Lemay – Ceux que l’on met au monde, Paroles

Ceux que l’on met au monde
Ne nous appartiennent pas
C’est ce que l’on nous montre
Et c’est ce que l’on croit
Ils ont une vie à vivre
On n’peut pas dessiner
Les chemins qu’ils vont suivre
Ils devront décider

C’est une belle histoire
Que cette indépendance
Une fois passés les boires
Et la petite enfance
Qu’il ne faille rien nouer
Qu’on ne puisse pas défaire
Que des noeuds pas serrés
Des boucles, si l’on préfère

Ceux que l’on aide à naitre
Ne nous appartiennent pas
Ils sont ce qu’ils veulent être
Qu’on en soit fier ou pas
C’est ce que l’on nous dit
C’est ce qui est écrit
La bonne philosophie
La grande psychologie…

Et voilà que tu nais
Et que t’es pas normal
T’es dodu, t’es parfait
Le problème est mental
Et voilà qu’c'est pas vrai
Que tu vas faire ton chemin
Car t’arrêteras jamais
De n’être qu’un gamin

Tu fais tes premiers pas
On se laisse émouvoir
Mais les pas que tu feras
Ne te mèneront nulle part
Qui es-tu si t’es pas un adulte en devenir
Si c’est ma jupe à moi
Pour toujours qui t’attire

C’est pas c’q'on m’avait dit
J’étais pas préparée
T’es à moi pour la vie
Le bon Dieu s’est trompé

Et y’a l’diable qui rit
Dans sa barbe de feu
Et puis qui me punit
D’l'avoir prié un peu

Pour que tu m’appartiennes
A la vie, à la mort
Il t’a changé en teigne
Il t’a jeté un sort

T’es mon enfant d’amour
T’es mon enfant spécial
Un enfant pour toujours
Un cadeau des étoiles

Un enfant à jamais
Un enfant anormal
C’est ce que j’espérais
Alors, pourquoi j’ai mal ?

J’aurais pas réussi
À me détacher d’toi
Le destin est gentil
Tu ne t’en iras pas

T’auras pas dix-huit ans
De la même façon
Que ceux que le temps rend
Plus homme que garçon

T’auras besoin de moi
Mon éternel enfant
Qui ne t’en iras pas
Vivre en appartement

Ta jeunesse me suivra
Jusque dans ma vieillesse
Le docteur a dit ça
C’était comme une promesse

Moi qui avais tellement peur
De te voir m’échapper
Voilà que ton petit coeur
Me jure fidélité

Tout ma vie durant
J’conserverais mes droits
Mes tâches de maman
Et tu m’appartiendras

Ceux que l’on met au monde
Ne nous appartiennent pas
C’est ce que l’on nous montre
Et c’est ce que l’on croit

C’est une belle Histoire
Que cette histoire-là !
Mais voilà que, surprise!
Mon enfant m’appartient
Tu t’fous de ce que disent
Les auteurs des bouquins

T’arrives et tu m’adores
Et tu me fais confiance
De tout ton petit corps
De toute ta différence

J’serai pas là de passage
Comme les autres parents
Qui font dans un mariage
Le deuil de leur enfant

J’aurai le privilège
De te border chaque soir
Et certain jour de neige
De te mettre ton foulard

À l’âge où d’autres n’ont
Que cette visite rare
Qui vient et qui repart
Par soirs de réveillon

Tu seras le bâton
De ma vieillesse précoce
En même temps qu’le boulet
Qui drainera mes forces

Tu ne connais que moi
Et ton ami Pierrot
Que j’te décris tout bas
Quand tu vas faire dodo

Et tu prends pour acquis
Que je serai toujours là
Pour t’apprendre cette vie
Que tu n’apprendras pas

Car ta vie s’est figée
Mais la mienne passera
J’me surprends à souhaiter
Qu’tu trépasses avant moi

On n’peut pas t’admirer
Autant que je t’admire
Moi qui ai la fierté
De t’voir m’appartenir

J’voudrais pas qu’on t’insulte
Et qu’on s’adresse à toi
Comme à un pauvre adulte
Parce qu’on t’connaîtrait pas

Si le diable s’arrange
Pour que tu me survives
Que Dieu me change en ange
Que je puisse te suivre !

Ceux que l’on met au monde
Ne nous appartiennent pas
À moins de mettre au monde
Un enfant comme toi

C’est une belle histoire
Que celle qui est la nôtre
Pourtant, je donnerais ma vie
Pour qu’tu sois comme les autres !

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