Après l'expropriation, Occupy Wall-Street passe au «plan B».

Publié le 15 novembre 2011 par Plusnet

(New York) Quelque 300 manifestants d'Occupy Wall Street se sont rassemblés mardi matin dans un autre espace public du sud de Manhattan à New York après leur éviction du square Zuccotti qu'ils occupaient depuis le 17 septembre. 
En milieu de matinée, ils y ont tenu une assemblée générale, à l'angle de la 6e avenue et de Canal Street, a constaté l'AFP.
Des panneaux dénonçaient la brutalité de l'intervention menée en pleine nuit pour déloger les protestataires du parc Zuccotti.
Dans un communiqué, le groupe de protestataires qui dénonce la cupidité du monde de la finance et les inégalités s'est dit plus déterminé que jamais.
«Nous sommes horrifiés par ce qu'a fait la municipalité, mais nous ne sommes pas découragés. Nous sommes aujourd'hui plus forts que nous l'étions hier, et serons encore plus forts demain», a déclaré Occupy Wall Street.
Pris par surprise par la police new-yorkaise
Les manifestants d'Occupy Wall Street installés dans le square Zuccotti à New York depuis deux mois craignaient le froid, sans se douter que la police les délogerait au petit matin mardi alors qu'ils dormaient dans leurs tentes.
«J'étais profondément endormi. Et tout à coup, des flics bazardent les tentes et des gens crient: «ceci n'est pas un exercice»», raconte à l'AFP Mutsukai Iroppoi, 22 ans.
Al a lui vu des centaines de policiers, éclairés par des projecteurs, déferler «comme une armée» sur le campement, installé depuis près de deux mois en plein Manhattan.
Une à une, les tentes et autres bâches se sont écroulées sous les coups des agents.
Il ne leur a fallu qu'une heure pour évacuer le square Zuccotti. La plupart des campeurs sont partis sans demander leur reste. Mais les moins coopératifs ont eu droit aux menottes en plastique et aux autocars de la police, garés à proximité du campement.
Puis, au fur et à mesure que le campement ressemblait de moins en moins à un village de tentes, les sacs de couchage, vêtements et autres détritus ont commencé à s'accumuler çà et là. Alors, la police a fait place aux éboueurs. Les vestiges du campement ont fini dans de grandes bennes et le nettoyage, à grand renfort d'eau et de balais, a commencé.
Pas assez pour décourager un noyau dur de manifestants qui se sont enchaînés les uns aux autres à l'aide d'antivols de vélo placés autour du cou, à en croire l'un d'eux, Chris Porter.
Patiemment, les policiers se sont déployés autour de la chaîne humaine sans intervenir dans un premier temps.
Chris Porter, 26 ans, raconte qu'il a préféré se rendre au moment où les policiers «ont menacé de me traîner face contre terre et de démolir mon banjo».
«C'est vraiment un bon banjo. C'est la meilleure chose que je possède», soupire Chris Porter.
La police a finalement retiré à ses compagnons les cadenas qu'ils s'étaient passés autour du cou, apparemment sans trop de violence.
L'opération de police est intervenue deux jours avant qu'Occupy Wall Street entame son troisième mois d'existence. Et, quand bien même d'autres campements comme ceux de Denver au Colorado, Portland en Oregon ou Oakland en Californie ont déjà été démantelés, celui de New York semblait jouir d'une aura particulière, lui conférant un air d'invulnérabilité.

Ironie du sort: les manifestants ne craignaient pas tant une descente des autorités que l'arrivée de l'hiver new-yorkais, souvent accompagné de fortes chutes de neige.
Les yeux bouffis, Alden Bevington, 35 ans, pense que lui et ses compagnons sont peut-être devenus un peu trop sûrs d'eux-mêmes au fil du temps.
«On a tendance à oublier qu'on est cernés ici», se lamente-t-il.
Lorsque la police est arrivée vers 1h du matin, l'opération a été tellement ferme que peu ont trouvé en eux la volonté de résister.
«Je dormais et des lumières ont tout éclairé. C'était fait pour nous flanquer une bonne trouille», s'indigne Alden Bevington.
À l'aube, les premiers employés du quartier, dont beaucoup travaillent à Wall Street, ont commencé à arriver. Habitués aux tentes, beaucoup ont mis un peu de temps à réaliser que le campement avait disparu pendant la nuit.
Sur le trottoir opposé à l'ancien campement, un vendeur de jus de fruits ne cachait pas sa satisfaction.
«Je soutiens» les manifestants, a-t-il expliqué sans vouloir dire son nom. «Mais il faut travailler et pas faire la révolution. Je ne soutiens ni la révolution, ni l'oisiveté. L'oisiveté n'est pas bonne pour notre pays».
Source : Cyberpresse

Union Révolution Citoyenne