Sécurité alimentaire : Les combines protectionnistes du gouvernement chinois ?

Publié le 22 novembre 2011 par Letombe
Bien que la sécurité alimentaire en Chine soit des plus précaires, les autorités chinoises peuvent être d'une rare férocité à l'égard des produits étrangers, en leur appliquant des normes qui fleurent bon le protectionnisme déguisé !

Le retrait, par les autorités chinoises des eaux minérales d'Evian et de Volvic considérées « susceptibles d'augmenter les risques de cancer » n'a pas fait les gros titres de la presse nationale. Ils n'ont d'ailleurs provoqué, à notre connaissance, aucune réaction de Bruno Lemaire, notre minsitre de l'agriculture, ( au demeurant très occupé par la rédaction du programme de l'UMP pour 2012 ) alors qu'affirme Danone, le taux de nitrites mis entre autre, en cause par les chinois sont : « (...) en dessous des standards de l'organisation mondiale de la santé (...) »
Or, la Chine qui croule sous les scandales alimentaires, s'est appuyée sur les résultats du principal organisme chinois de contrôle de la qualité qui semble pourtant totalement impuissant lorsqu'il s'agit des productions locales !
Car, rappelons le, si les dirigeants chinois apprécient les nombreux transferts de technologies que leur ont offert les multinationnales venues s'y implanter, il n'en est pas de même lorsque les marques et produits occidentaux n'ont pas de véritable concurrent national.
Bien entendu, les autorités chinoises ne font jamais de déclarations officielles à ce sujet, elles préfèrent laisser ce rôle aux média locaux officiels. Ainsi, on pouvait lire en mars 2011 sur le site china.org.cn cette diatribe contre les marques étrangères : « (...) Que les marques étrangères ne soient pas nécessairement une garantie de bon service et de bonne qualité a été un véritable choc culturel. Les consommateurs chinois se rendent compte du fait que, dans leur poursuite du profit, les multinationales étrangères peuvent aussi se comporter de façon peu conforme à l'éthique. Pour la première fois depuis de nombreuses années, les consommateurs chinois ont l'occasion de voir une autre face des marques étrangères et de réfléchir à leur longue dévotion envers elles (...) »
Et le site de fustiger les consommateurs chinois qui achètent des produits alimentaires étrangers : « (...) à la suite de toute une série de scandales liés à la sécurité alimentaire en Chine ces dernières années, comme les formules infantiles contaminées à la mélamine, le clenbuterol dans la nourriture pour animaux, qui rend la viande plus maigre, et l'huile de cuisine recyclée pour être réutilisée dans les restaurants (...) »
Le lecteur curieux aura soin de lire le dernier numéro de Courier International : « Quand la Chine s'empoisonnera », dont une petite partie des contenus est disponible sur son site pour connaître le niveau d'insécurité alimentaire de la population.
Mais pour en revenir aux eaux minérales françaises : « susceptibles d'augmenter les risques de cancer » il est intéressant de se replonger dans un article publié par Courrier International en 2007 sur le marché de l'eau en bonbonne vendue à Pékin.
A l'époque, on constatait que sur les 200 millions de bonbonnes vendues, si la moitié provenait de grandes marques, l'autre moitié était en fait de l’eau frelatée vendue sous forme de contrefaçon !
Ce que semble ignorer china.org.cn qui a publié un tonitruant : « L'eau minérale française échoue aux tests de qualité chinois » dans lequel elle rappelle que la toxicité des eaux d'Evian avait déjà été prouvée ... en 2007 ! Et en profite pour dénoncer les entreprises étrangères empoisonneuses » de population : « (...) un additif interdit communément appelé « poudre de viande maigre » en Chine, avait été retrouvé dans des produits à base de viande de porc importés des États-Unis, du Canada et du Danemark (...) un lot de jambon congelé importé des États-Unis était moisi et contenait du clenbutérol (...) les importations de pulpe d'orange et de jus importés de Turquie par Coca-Cola Chine avaient été détruits en raison de la mauvaise qualité des emballages et pour violation de la réglementation sur les importations (...) »
D'ailleurs, la qualité des produits alimentaires chinois, probablement vérifiés par « l'administration générale du contrôle de la qualité, de l'inspection et de la quarantaine», est telle que, nous fait savoir Courrier International, les cadres dirigeants ne consomment que des produits bio, élevés ou cultivés spécialement pour eux !
Alors, protectionnisme déguisé ou pas ?
Certainement pas répondrait Hu Jintao le Président chinois qui, interviewé par Le Figaro, avant l'ouverture du G20, indiquait comme priorité : « (...) combattre le protectionnisme du commerce et de l'investissement et faire avancer les négociations multilatérales pour la libéralisation du commerce (...) » qui peut par ailleurs compter sur un silence complice des autorités et gouvernements européens impatients de voir arriver les possibles 100 milliards de dollars promis par la Chine !
Bienvenue dans la mondialisation heureuse et son libre échange équitable !
Crédit photo
china.org.cn

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