Adieu à mon père

Publié le 04 janvier 2008 par Rendez-Vous Du Patrimoine

Cliché G. Poumailloux
Jacques Bonnot, mon père, nous a quitté le 30 décembre 2007 à Angers, dans cette ville où il avait été professeur pendant tant d'années. Il a été inhumé ce matin.
En hommage à ce qu'il était et à qu'il m'a transmis, ainsi qu'à tant d'élèves, je vous laisse ce texte que j'ai lu lors de la cérémonie religieuse.
Cher Daddy,
Ce dernier dimanche,
Au sein de cette communauté si chaleureuse des Augustines qui t’ont accompagné jusqu’au bout,
Tu as rejoint tes familles du ciel.
Ta famille de sang,
Tes parents,
Ta sœur Jacqueline, qui aura toujours 7 ans sur les photos,
Ta soeur jumelle, Colette, morte trop jeune, qui était ma marraine.
Ceux de tes origines, qui venaient d’Arcis-sur-Aube, de Troyes, du Nord et des Flandres.
Tous, là haut, t’ont accueilli à bras ouverts.
Vous devez avoir beaucoup à vous dire.
La famille aussi de tes amis déjà partis,
René Letellier, Yves Moignet, tant d’autres…avec lesquels tu as repris la conversation.
Ta famille des lettres enfin,
Celle, immense, qui, pour toi, parlait
grec avec Homère,
latin avec Virgile,
français avec Rabelais et Julien Gracq,
celle qui n’avait pas de frontières,
car l’esprit n’en a pas.

Tous, là haut, t’ont accueilli à bras ouvert, et pas seulement parce que tu as étudié leurs textes avec rigueur et patience, parce que c’était « au programme » du concours.
Les centaines d’étudiants que tu as formés, en tant que professeur d’hypokhâgne, pourraient en témoigner, comme je le fais aussi en tant qu’ancienne élève.
C’est parce que ces textes, tu les aimais, comme tu aimais leurs auteurs, intimement, pour ce qu’ils disaient et pour ce qu’ils étaient.
La transmission du savoir, avec toi, ce n’était pas que des formules, de la grammaire et des mots. C’était un sens donné aux choses, un sens donné à l’univers, une manière de voir.
Eclairée, pour toi, par la Bible et les Ecritures.
Pas étonnant que tu te sois penché tout spécialement sur la période de la Renaissance avec Erasme et la Pléiade, que tu aies aimé Péguy, sa phrase ample et religieuse.
Ce dialogue engagé avec les auteurs pour tes élèves, tu le poursuis aujourd’hui en direct avec tous, à travers le temps et les langues.
Vous devez avoir beaucoup à vous dire.

L'aiguille du Midi, le Mont-Blanc, le dôme du Goûter, montagnes qu'il aimait...cliché C. Coutant, merci Coraline !
Aujourd’hui, nous, ta famille de la terre,
Claire/Mamy,
Tes filles, tes gendres,
Tes petits-enfants,
Tes anciens élèves,
Tes amis, réunis autour de toi
Nous tous,
Nous te remercions pour ces années passées, dont nous te sommes tous redevables :
Un modèle d’éducation humaniste, la rigueur et la satisfaction du travail bien fait,
Voilà les valeurs que tu nous as transmises et que nous allons continuer à faire vivre,
En souvenir de toi.
Merci Daddy.
Merci pour votre lecture ! Thank you for reading !